A bord du transsibérien

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octobre 29, 2014 par leussestucru

Transsibérien

Je profite de notre loong temps libre dans le train pour vous raconter notre expérience avec le transsibérien.

En fait on ne sait pas vraiment pourquoi on a voulu prendre le transsibérien. Rien que le nom a quelque chose d’attirant. Ou l’idée de monter dans un train et de voir défiler le plus grand pays du monde. Ou encore de rester plusieurs jours dans le même wagon. Rencontrer la population russe et partager son quotidien. Bref, le transsibérien nous attirait.

Ce qui est amusant, c’est qu’aucun russe ne comprendra ce point de vue. Pour la majorité d’entre eux, le transsibérien est un voyage long, fatiguant, inconfortable et sans intérêt. Pourquoi un touriste viendrait volontairement s’embarquer là-dedans ? Une russe nous dira « vous les européens, vous voulez tous prendre le train en Russie, je ne comprends pas. C’est comme si je venais en France et que je passais mon temps dans le Paris – Marseille ».

Bon, d’un côté, elle n’a pas tort. Mais malgré tout, on a quand même voulu tenter l’aventure…

Sur le quai

Sur le quai

Alors, commençons par le commencement, le transsibérien n’est pas vraiment un train. Il s’agit de la ligne de chemin de fer qui relie Moscou à Vladivostock.

La Russie comprends 4 lignes principales, le transsibérien, le transsmongolien, le transmandchourien et le BAM (Baïkal-Amourskaya-Maguistral). Cette carte trouvée sur http://transsiberian.co rend les choses plus claires :

Les différentes lignes russes

Les différentes lignes russes

Et tout un tas de trains empruntent ces différentes lignes au quotidien. Pour les puristes qui souhaitent faire le transsibérien, le vrai, il vous faudra demander le train numéro 002, le Rossyia qu’il s’appelle, qui fait la totalité du trajet Moscou Vladivostock et qui ne part qu’un jour sur deux, les jours impairs, aux alentours de 13h50, heure de Moscou.

Oui, il faut bien préciser qu’il s’agit de l’heure de Moscou ! La Russie contient tout un tas de fuseaux horaires différents, du coup pour limiter les problèmes, ils ont préféré mettre tous les trains à l’heure de Moscou… Ce qui est un peu perturbant au début mais avec un peu d’organisation et une montre qui reste à l’heure de Moscou, on s’y fait vite. La partie un peu plus difficile, c’est de gérer ce décalage horaire…

Entre Moscou et Irkutsk, on prend cinq heures de décalage, et il n’est pas forcément évident de sortir du train tout frais à 8h du matin quand pour toi il est toujours 3h du matin. D’un autre côté, on perd tellement la notion du temps dans le train que l’on pourrait facilement nous faire croire qu’il est 17h à midi…

Le train!

Bref, pour en revenir aux wagons, il existe trois classes à bord du train. En première classe, on ne trouve que deux couchettes par compartiments. En seconde, la classe «kupé », il y a quatre couchettes cette fois et toujours un couloir qui longe les compartiments. Enfin, en troisième classe, aussi appelée « platskart », les compartiments sont ouverts et des couchettes sont alignées le long de la totalité du couloir.

C’est sans aucun doute la classe la moins confortable, mais si vous souhaitez rencontrer la population et vivre l’ambiance du train, c’est bien en platskart qu’il faut être.

A savoir que sur certains tronçons spécifiques, il existe une quatrième classe, la classe « obchi » sans place attitrée, où il est possible de se retrouvé à 2 comme à 8 dans un compartiment. Edit : on a testé cette solution par la suite, entre Irkutsk et Ulan Ude, on vous racontera ça bientôt !

Pour la partie pratique, on vous déconseille les places 34 à 36, qui sont à côté de la porte des toilettes, et les places 37 à 54, qui correspondent aux places dans le couloir, particulièrement désagréables pour les grands.

Un wagon de platskart

Un wagon de platskart

Au coeur du compartiment

Au coeur du compartiment

A savoir aussi que les couchettes du haut sont trop proches du plafond pour que l’on puisse s’assoir, ce qui veut dire que si, comme nous dans notre premier train, vous vous voyez attribuer deux couchettes hautes, vous êtes condamnés à rester en position allongée pendant toute la durée du trajet (et 7 jours, ça peut commencer à faire long) ou à squatter le lit de vos voisins du dessous.

D’un côté, ça nous a forcé à sympathiser avec les voisins, d’un autre, c’est pas toujours agréable de manger sur le lit de quelqu’un d’autre ou d’être bloqué en position allongée en attendant que ceux d’en dessous se réveillent. Enfin, il faut dire qu’on a eu de la chance de tomber sur deux petits vieux sympathiques et on a adoré partager ces moments avec eux. On n’ose pas imaginer si on avait fini au-dessus des deux ivrognes du compartiment d’à côté…

Les voisins du dessous :)

Les voisins du dessous :)

L'intérieur du train

Bref, si vous êtes deux, pensez à demander au moment de la réservation deux couchettes superposées, bien plus pratiques.

En parlant de la réservation, sauf si vous avez vraiment un impératif, ne réservez pas vos places sur le site d’une agence ! En prenant la place en gare quelques jours avant, le billet est 2, 3 voire 4 fois moins cher que sur le net… N’écoutez pas non plus sites qui vous disent qu’il est impossible de réserver une place en gare si on ne parle pas couramment russe, en réalité cela n’a vraiment rien de compliqué. Il vous suffit de chercher le train que vous voulez prendre sur ce site, de noter la date, le numéro du train, la ville de départ et d’arrivée et l’hôtesse devrait vous comprendre sans problème.

En ce qui nous concerne, on a décidé de faire plusieurs arrêts, un premier dans la ville d’Omsk et un second à Irkutsk, pour rejoindre le lac Baikal. L’arrêt à Omsk nous permet de visiter un peu plus la Russie mais surtout de couper le trajet Moscou- Irkutsk en deux parties de deux jours et deux nuits chacune, ce qui est suffisant pour s’imprégner du rythme de vie et vivre l’expérience du train tout en n’étant pas non plus trop long.

A vrai dire, on n’est pas loin d’avoir atteint Irkutsk et en 80 heures de train, on n’a pas eu le temps de s’ennuyer. Bon, tenir un blog et écrire des articles aide un peu à trouver des occupations, mais entre les repas, les discussions avec les passagers, le carnet de voyage, le tri des photos et surtout la contemplation du paysage, on ne voit pas le temps passer.

En ce qui concerne le paysage, disons tout de suite qu’il est préférable d’aimer les bouleaux. Sérieusement, il n’y a que ça, à perte de vue, quatre jours de foret de bouleaux et de plaines. Mais comme on adore les bouleaux, tout s’est bien passé. On passe même notre temps à dire « Eh, regarde par la fenêtre, là c’est trop beau ! Ah non attend regarde de l’autre côté, c’est encore mieux ! ». Et si comme nous, vous voyagez en automne, les couleurs sont juste magnifiques.

Des bouleaux, encore et toujours

Des bouleaux, encore et toujours

Tiens, d’ailleurs c’est assez drôle, on a changé de saison en une nuit ! Hier soir on se observait justement les feuilles jaunes orangées des bouleaux et hop, voilà qu’au réveil ce matin, plus aucun bouleau n’a de feuilles, et surtout, il y a de la neige sur le sol ! De la neige en Sibérie ! Ok, c’est dépaysant, mais ça nous inquiète quand même un peu pour la suite. Dans notre recherche de légèreté on a laissé la combi de ski de côté…

Pour ce qui est de la nourriture, le mieux est de tout acheté avant le départ. Il y a bien quelques vendeurs sur les quais pendant les pauses, mais c’est globalement assez cher. De l’eau chaude est à disposition dans chaque wagon, la plupart de nos repas sont donc à base de thé, de nouilles déshydratées, de thé ou… de nouilles déshydratées !

Des nouilles!

Des nouilles!

Après si comme nous vous tombez sur des voisins adorables, vous pouvez presque ne rien emporter du tout, ils vous nourriront largement !

C’est d’ailleurs par la nourriture que l’on a fait connaissance : j’étais tranquillement allongée sur ma couchette quand j’ai reçu une pomme, puis deux. Il semble que ce soit normal de jeter de la nourriture aux voisins puisqu’en moins de deux jours, on a reçu une douzaine de pommes, des œufs durs, des bananes et tout un tas de chocolats ! A la fin on avait même un coin « nourriture du voisin » dans notre porte bagage ! On vous conseille d’ailleurs d’acheter des choses qui se partagent, en particulier des chocolats et autres confiseries qui sont toujours appréciées !

Hum! Encore des nouilles!

Hum! Encore des nouilles!

Pour finir ce long article, ce qui marque le plus dans le train et vous fait rapidement oublier les nouilles déshydratées, le manque d’hygiène ou les toilettes sales, c’est bien évidemment les rencontres. On est impressionnés de voir à quel point les gens sont ouverts à la rencontre. Ici, personne n’a d’écouteurs dans les oreilles ou le nez sur un bouquin. La plupart des passagers occupent le trajet à discuter avec des inconnus. Pas de formule de politesse non plus, on s’installe devant toi et on commence à discuter.

Le fournisseur officiel de pommes du train

Le fournisseur officiel de pommes du train

Le wagon est vite au courant que deux français sont à bord, on a alors droit à pas mal de questions et on finira même par donner un semblant de cours d’anglais. Pour l’anecdote, et comme quoi les rumeurs vont vite dans le train, Clément a tenté d’expliquer à une personne en russe qu’il travaillait dans la technique à l’opéra. La personne en question a fait passer le mot en ne gardant que le mot opéra et assez rapidement, des passagers sont venus voir s’il y avait bien un artiste lyrique français dans le wagon :)

En cours d'anglais

En cours d'anglais

Parmi les personnes marquantes, on rencontre Elisabeth, une jeune russe qui vient de gagner un prix en Belgique pour tourner un documentaire sur les personnages du transsibérien. On aura donc droit à notre interview et qui sait, on finira peut être sur France télévision :) En tout cas on le lui souhaite !

Au final, on a adoré l’expérience du train en Russie. On a tout de même été surpris par l’ambiance que l’on imaginait plus festive et qui est finalement assez calme. Mais on a adoré !

A l'arrêt

A l'arrêt!

La suite du trajet est encore floue, il semble que ce soit plu simple et plus économique de faire certaines parties en bus… En attendant on arrive à Irkutsk où l’on s’apprête à passer une semaine sur l’ile d’Olkhon, au cœur du lac Baïkal !

On vous tient au courant !

Tiziana

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

N'hésitez pas à cliquer sur la carte ci-dessous pour avoir un meilleur aperçu de notre parcours!