De Sary Tash à Murghab

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septembre 25, 2016 par leussestucru

Sary Tash

 

Le voyage reprend par un dernier magnifique réveil au pied du pic Lénine, tout au sud du Kirghizstan. On a un peu de mal à trouver suffisamment de motivation pour quitter le pays devant tant de beauté…

A la prochaine Kirghizstan!

A la prochaine Kirghizstan! On reviendra, pour sur!

Allez, promis après on arrête de vous bassiner avec ça, mais vraiment vraiment, le Kirghizstan ça déchire trop d’la boule c’est grandiose !!!

Mais ce matin plus le temps de faire la grasse mat’ et de glandouiller devant Lénine ! L’objectif de la journée est de franchir une nouvelle frontière pour passer au Tadjikistan, un nouveau -stan dont on ne sait encore rien.

Bien sur une solution serait de grimper au sommet de notre copain Vladimir et de redescendre de l‘autre côté.

Mais si c’est de loin la voie la plus directe ce n’est certainement pas la plus simple… car contrairement aux idées reçues, la taille a parfois son importance, surtout quand on parle d’un sommet à 7134m !

On se résigne donc à passer par la route et on quitte ce coin de paradis pour retrouver la ville la plus proche de la frontière : Sary Tash.

Ville n’est pas vraiment le mot le plus approprié, Sari Tash est plutôt un petit village perdu à 3100m d’altitude au milieu de deux chaines de montagnes, les Pamirs et les monts Alaïs.

La rue principale de Sari Tash

La rue principale de Sary Tash

Bien qu’il n’y ait pas grand-chose à faire dans le coin, Sari Tash est un passage obligé pour tous les touristes transitant entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, pour la plupart des cyclistes qui se posent ici quelques temps pour se remettre du passage de frontière à plus de 4000m.

A vélo c’est une sacrée paire de short qu’il faut !

Mais bon, nous on le fait en stop, ça devrais passer tranquille ! Il suffit de s’asseoir dans la voiture et elle monte toute seule !

Non ?

Tu parles !…

Voici la grosse galère joyeuse histoire de deux gentils auto-stoppeurs qui pensaient que le monde il est beau, rose, mignon, que tout vient à point à qui sait attendre et que oui, l’auto-stop marche absolument partout !

Stop de Sary Tash à Sary Tash…

 

On passe ce que l’on croit être notre dernière nuit kirghyse à Sary Tash et on se lève au petit matin pour être au bord de la route le pouce tendu un peu avant 7h. Autant mettre toutes les chances de notre côté, on sait que la partie s’annonce complexe.

Les infos qu’on a ? Il y a en moyenne quatre à six voitures par jour qui empruntent cette route, parfois aucune ne passe dans le coin et dans tous les cas il y a peu de chance pour que l’une d’elle ait encore de la place pour deux personnes.

C’est motivant hein ? Mais qu’à cela ne tienne ! On rentre en France en stop oui ou non !? …

Aller on casse le suspens tout de suite, sur toute la journée on a effectivement vu passer 6 voitures et les 6 étaient comme annoncé, pleines à craquer.

En même temps la taille du village le plus important de la région, la vue sur les montagnes abandonnées et les trous dans la route auraient dû nous mettre deux trois puces à l’oreille : Y a vraiment pas grand monde qui passe par là !

Comme on est du genre pas bien malins obstinés, on restera au bord de la route de 7h à 19h… 12 heures sans bouger ! On alternera sieste, partie d’échec avec des bouts de papier en guise de pièces, un peu de lecture, une nouvelle sieste, une deuxième partie d’échec en papier balayée par le vent avant la fin, bronzage, repas avec le peu de provisions qu’on avait emportée, partie d’échec avec des cailloux (vachement plus pratique pour le vent !), puis chifoumi, puis… bref grosse ambiance !

Sari Tash autostop

Un chien errant viendra nous tenir compagnie un moment mais nous observer rien faire a du finir par l’ennuyer aussi puisqu’il repartira assez vite vers plus d’animation.

A 19h on décide finalement de revenir à Sari Tash pour passer la nuit à l’auberge et profiter d’un bon repas. On aura plus de chance demain.

Un petit gout de déjà vu : on sort de l’auberge à l’aube, on marche jusqu’à l’intersection qui marque l’embranchement pour la frontière, on se pose au bord de la route et… toujours rien. 3 voitures en 5 heures d’attente, toutes archis pleines, les barres de toit qui plient sous les valises, les sacs de nourritures, les volailles et j’en passe…

En début d’après midi on se rend à l’évidence, on ne partira jamais d’ici ! On retourne donc à Sary tash et on se met à arpenter le village à la recherche de quelqu’un avec une voiture qui accepterait de nous faire passer la frontière contre rémunération. Mais là aussi c’est peine perdu. Personne ici n’a le permis de conduire ET le permis GBAO, permis obligatoire pour aller dans les Pamirs, coté tadjik.

Sari tash

A défaut de trouver une voiture, on trouve de nouveaux copains :D

 

Replie stratégique à Osh :

 

Plus le choix, on renonce à un départ depuis Sari tash et on retourne à Osh, 200km en arrière, ville ou tous les taxis pour le Tadjikistan partent. On est vraiment frustré sur le coup. On savait que ce serait difficile mais c’est jamais drôle de renoncer…

Enfin rien de grave, on va trouver un taxi facilement à Osh et demain on sera au Tadjikistan !

Encore une fois, ce n’est pas aussi simple que ça !

On passe au peigne fin toute la ville pour savoir d’où partent ces fameux taxis mais personne ne semble savoir. On nous dit même que ça n’existe pas !!

QUOI ??? ÇA N’EXISTE PAS ??? On s’est tapé 200 bornes en arrière parce que c’est le seul moyen pour nous d’aller au Tadjikistan mais que finalement ça ne serait pas possible parce que ÇA N’EXISTE PAS ???? Y’a bien quelqu’un qui la passe cette frontière ?!

On fait le tour des hôtels en se disant qu’ils doivent avoir l’habitude des touristes qui veulent traverser… et oui bingo ! On touche au but mais… à 450euros le taxi la proposition finit de nous achever ! (vous auriez du voir notre tête quand on nous annonce le prix ^^),

450 euros… soit presque autant que ce qu’on a dépensé à deux en un mois dans le pays ! Finalement passer par le pic Lénine aurait peut être bien été plus simple…

On rentre tout dépité à l’auberge quand par miracle on trouve une connexion internet (c’est pas si courant dans le coin !) et hop hop hop, magie du XXIe siècle, après une heure sur tout un tas de forums on trouve une info !

Et quelle info !

Il y aurait (peut-être) dans la banlieue d’Osh, dans la cour d’une ferme du nom d’Alaï Baza, des taxis 4×4 qui partiraient très irrégulièrement pour Murghab… au Tadjikistan !!

Mais personne ne sait vraiment, personne ne dit que ça marche, c’est quand même très flou et un peu louche !

Mais qu’à cela ne tienne ! Au point où on en est… et puis de toute facon pas le choix, la date de péremption de notre visa approche à vitesse grand V… On avait bien fait de se laisser une marge !

Nouveau départ

 

Après une bonne nuit de sommeil on sort vers 6h du matin à la recherche du bus qui mène à cette fameuse ferme. On finit par le trouver, on monte dedans, on tente de  confirmer qu’il va bien vers Alaï machin et le gars, légèrement russe sur les bords pas très souriant, nous regarde avec un air dépité et nous dit « niet » puis c’est tout. Rien ! Pas d’explication !

On commence à paniquer. On  bégaie : « Niet ?? Pachemou ??! ». (« Non ?? Pourquoi ?? Aidez-nous monsieur on est paumé on veut s’en alléééé »)

Mais le monsieur est pas très causant et ne fera que répéter niet en nous montrant la porte… On descend du bus, il est à peine 6h30 et on est déjà au bout du rouleau. Voilà que notre dernière piste s’est envolée…

Et comme toujours, c’est au moment où tu t’apprête à abandonner que la roue tourne et la chance débarque. Un kirghyze nous voyant tout perdu vient nous parler, nous dit qu’il veut lui aussi aller au tadjikistan, nous fait monter dans ce qui serait le bon bus et disparait aussi vite qu’il est arrivé. C’est un peu stressant de savoir qu’il veut aller au même endroit que nous mais pas avec le même bus…

Mais on s’en fiche : on arrive enfin au bon endroit !!!

YYYYYAAAAAAAAAAAAAAHHH !

Aller, rassurez-vous, c’est loin d’être fini. Les galères ne font que commencer ! :D

On sort du bus, on tâtonne pour trouver la ferme, on la trouve enfin et on se fait accueillir par un joyeux : « non non, pas de voiture pour le Tadjikistan avant deux à trois jours. Elles sont toutes parties ce matin ».

Ce pays ne veut décidément pas nous laisser sortir !

En meme temps il est si beau ce pays qu'on sait plus tellement si on veut le quitter...

En même temps est ce qu'on a vraiment envie de quitter ça hein?

On nous emmène voir la ferme d’à côté d’où partent aussi quelques voitures pour le Tadjikistan de temps à autre.

Pas plus de chance chez eux…. Mais le proprio nous propose de boire un thé et de manger du pain ! On accepte avec plaisir, on a que ça faire de tout façon et ça nous fera du bien d’essayer de penser à autre chose… On fait bien de rester traîner dans le coin puisqu’on apprend peu après que peut-être, mais pas sûr, il y aurait éventuellement une voiture qui partirait dans l’après-midi, ou ce soir, ou demain, ou un peu plus tard…

Garde ton zen !

Comme il n’est même pas 9h du matin, on attend chez eux patiemment que la situation se débloque. C’est reparti pour le combo parties d’échec/bouquins/écriture d’articles/ennui. Enfin encore une bonne journée à rien faire quoi !

Et parce que l’expression « tout vient à point à qui sait attendre » n’a jamais été aussi juste, le miracle arrive dans l’après-midi lorsqu’on nous annonce que non pas une, mais deux voitures partiront vers 20h ET qu’il y aura deux places pour nous à bord, pour un prix correct de surcroît !

ON EST COMME DES FOUS !!!

ON A UNE VOITURE, ON A, ON A, ON A UNE VOITURE !!!

On attend patiemment, puis vers 19h tout le monde s’active d’un coup. On commence à  remplir les voitures tranquillement quand finalement tout le monde s’arrête pour réfléchir.

Nos copains les chauffeurs ont une super idée en tête pour économiser le départ d’une voiture ! Plutôt que d’envoyer deux voitures chargées à bloc au Tadjikistan pourquoi ne pas en envoyer qu’une SURchargée à bloc et laisser la deuxième au garage ?!

Quand tu vois une voiture pleine et qu’on t’en montre une deuxième pleine en te disant qu’il faut faire rentrer tout ça dans une seule, tu ne peux que te dire que NON, les gars faut arrêter, ça ne rentrera JAMAIS !!!!

Osh taxi

Il faut vraiment rentrer encore tout ça? TOUT?! Mais le coffre est DEJA plein...

Mais si ! A coup de pied, de barre de levier, de sangles et d’astuces que même Léonard de Vinci il aurait pas imaginé, tout finit par rentrer. Bien sur la contrepartie c’est qu’on sera 4 sur la banquette arrière et que nos jambes reposeront sur quantité de sacs de patates et de pastèques mais… on a une voiture !

Bon, il est 20h ! C’est partiiii mon kiki!!

Bah non. Toujours pas. Le chauffeur est crevé d’avoir rempli le coffre (en même temps y avait de quoi !) donc on va tous dormir histoire de partir en pleine forme vers 23h !

Rebelotte à 23h, on se lève, le chauffeur décide qu’il est encore fatigué et tout le monde retourne se coucher avec un départ décalé vers 1 ou 2 heures du matin.

Heureusement pour nous vers 1h30 du matin, cette fois c’est la bonne, on part pour de bon et on arrivera sans embrouilles à Murghab en seulement 10h…

MWAHAHAHAHAHA

La grosse blague !

(c’est lassant n’est-ce pas cet article qui n’en finit pas ?)

De retour sur la route !!!

 

On part effectivement pour de bon à 1h30 mais pas sans embrouilles !

Pour commencer partir au milieu de la nuit pose un gros problème : la nuit, t’es pas toujours au top de la forme ! Et le chauffeur en est l’illustration parfaite… il essaye subtilement de finir sa nuit au volant.

Mais un : fermer les yeux quand tu conduis c’est pas des masses subtil, et deux : c’est ultra flippant pour les passagers ! Enfin l’avantage c’est que passer à deux doigts d’écraser une vache ça maintient éveillé et on arrive les yeux grand ouvert à la frontière kirghize !

La frontière ! Oui oui oui ! ENFIN !

On appréhende un peu le passage au niveau des gardes, on a entendu tout et n’importe quoi sur les bakchich sur ce poste mais notre chauffeur à l’air de bien connaitre les gardes, il leur refile un petit cadeau et hop : on n’est plus au Kirghizstan !!!!!!

Ne vous emballez pas non plus ! (je vous vois déjà sauter de joie devant votre ordinateur !) On n’est plus au Kirghizstan, mais mais mais… on n’est pas encore tout à fait au Tadjikistan !

On est dans cet énorme no man’s land de 20km entre les deux frontières, le soleil vient doucement de faire son apparition et la route a été remplacée par un petit passage de rivière.

Dans la rivière, la silhouette d’une voiture se détache. C’est un 4×4 de l’armée avec 4 ou 5 militaires à son bord qui s’est embourbé et semble coincé là depuis un moment.

DSC02883

Notre chauffeur nous laisse entendre qu’il vaut mieux garder ses distances avec l’armée et choisit de ni leur adresser la parole, ni tenter de les aider… A la place il se positionne face à la rivière et d’un coup sec, appuie comme un bourrin sur l’accélérateur pour être sûr de péter un truc de passer sans problème.

On fait un sale bruit en frottant les cailloux mais on passe !!!!

Pour s’arrêter 300 mètres plus loin…

Le volant ne tourne plus, si on le force un peu ça fait iiriirrkririkriri et il n’y a que le volant qui tourne, pas les roues. Une histoire d’huile il parait. Pas besoin d’être très bon en mécanique pour comprendre que le sale bruit en passant la rivière était pas complétement inoffensif et qu’on est dans de beaux draps, bloqués au beau milieu d’un no man’s land de 20km entre le Kirghizstan et le Tadjikistan où par jour on peut voir de 0 à 6 voitures passer.

Ici ni dépanneuse ni réseau téléphonique. Bref, il n’y a plus grand-chose à faire, si ce n’est prendre son mal en patience et trouver des cailloux blancs pour relancer une partie d’échec :)

En panne au bout du bout du monde...

En panne au bout du bout du monde...

Le 4×4 des militaires finit par sortir de l’eau, mais comme on pourrait s’en douter ils passent devant nous sans même un regard.

On patiente trois bonnes heures, on prie les quelques dieux qu’on a rencontré depuis qu’on voyage, on entame une des nombreuses pastèques que l’on a transporté jusqu’ici et enfin, un énième miracle se fait !

Deux 4×4 arrivent (deux !), ils nous réparent la voiture en trois secondes, nous donnent l’huile qui a disparu dans la rivière et zou, on repart à l’assaut de la montagne !

Bienvenue sur la Lune !

 

Deuxième passage de frontière ! Nous voici presque en terrain tadjik !

Petite immersion : Imaginez la lune. Puis une piste pas franchement carrossable qui serpente sur le sol lunaire. ajoutez-y un petit complexe militaire de l’ex-URSS perdu au milieu de ces montagnes de cailloux ! Vous visualisez ?

Une photo pour aider :)

Une photo pour aider :)

Vous êtes pile poil sur le passage de frontière du Tadjikistan dans les Pamirs ! C’est pas fou ça ?

Les militaires en fonction ici sont juste oubliés de tous. Il n’y a rien, il n’y a personne et ils n’ont absolument aucune autre occupation que d’embêter les touristes qui aurait l’idée saugrenue de passer avec leur propre véhicule. La tenue militaire ici n’existe pas, la moitié sont en pantoufle tandis que l’autre moitié arbore fièrement des tongs ~Do Brazil~.

Encore une fois les chauffeurs donnent de jolis petits cadeaux aux douaniers : lampe de table, pastèque, rasoir électrique… et on passe sans problèmes ! Ils n’ont même pas eu l’imagination de vérifier notre identité ! Trop de boulot tue le boulot comme on dit.

Enfin nous on est bien content parce qu’il y a pas si longtemps on tendait le pouce 30 kilomètres plus loin et hop, à peine 4 jours plus tard, ON EST ENFIN AU TADJIKISTAN !!!!!

Par contre on a plus une thune, pas plus de nourriture et on n’est pas encore prêt d’arriver.

Le chauffeur fait une pause dans Karakul, le seul village de cette région du Tadjikistan, on en profite pour s’éclipser faire un tour au lac du même nom, un peu en arrière du village.

Le lac de Karakul

Le lac de Karakul

C’est juste fou ! Le paysage a complètement changé par rapport au Kirghizstan.

Il y a de ces passages de frontière ou l’on se demande bien comment cette dernière a été placée là. Vous savez, ces coins ou une ligne blanche est tracée au beau milieu d’un champ aux deux cotés identiques. Ici on ne pourrait pas faire de frontière plus tranchée : on est passé d’un coup d’une prairie verte géante parsemée de millions de fleurs à un désert de cailloux qui semble ne jamais prendre fin.

Comme je le disais au-dessus, bienvenu sur la lune !

Bon il nous reste de la route à faire, on rentre du lac en évitant les milliards de moustiques tadjiks et on essaie de retrouver notre 4×4…

Petite monté de stress, la voiture a disparu !

Le village est désert, ils sont tous parti sans nous…

On panique un chouia pendant 10min avant de les retrouver… eux aussi stressés parce qu’ils nous croyaient perdus…

Et c’est reparti mon kiki ! On reprend la route, on passe par le fameux col à 4655m d’altitude puis, histoire de bien terminer la journée, un de nos pneus crève…

Manquait plus que la crevaison!

Manquait plus que la crevaison!

Mais ce n’est pas un pneu crevé qui arrêtera notre chauffeur ! Il sort un tour de magie de son sac et nous offre la plus belle réparation du voyage. Quand on s’attend à ce qu’il cherche une roue de secours, il se contente de nous brandir fièrement une sorte de gros carambar rose !!….

C’est bien mon gars, mais c’est pas en avalant des sucreries qu’on arrivera à destination…

Mais quand il commence à tremper la gourmandise dans de l’essence on se dit qu’on a peut être bien louper un truc ! Il fait brûler l’extrémité enduite d’essence et l’insère rapidement dans le trou du pneu.

On est (encore) sauvés!

On est (encore) sauvés!

Et hop ! Vous avez déjà vu une réparation plus rapide vous ? De la magie moi j’vous dis ! Un petit coup de pompe pour regonfler le pneu, et y’a plus qu’à croiser les doigts pour que la pâte tienne !

ET oui, oui OUI, on finit par arriver à Murghab, aux alentours de 18h30. Soit 17h après notre départ (ou 4 jours suivant le système de comptage :)). Et tout ca pour parcourir 411 kilomètres :) On est épuisé, moralement un peu à bout mais content quand même ! Au moins on est pas prêt d’oublier ce passage de frontière !

L'arrivée sur Murghab

L'arrivée sur Murghab

A l’auberge, on retrouve Maria, Ben et Richard ! Vous savez, les copains rencontrés à Kochkor qui voulaient parcourir le monde avec un âne ! Bon pas de chance pour eux, l’âne s’est trouvé être une ânesse enceinte… Ils ont dû la vendre et vu que ce n’est pas si facile que ça de trouver un âne à acheter par ici, ils ont poursuivi leur route en stop et taxi.

Ensuite, ils ont trouvé Tidi, un israélien qui vient d’acheter une Lada jaune pétante au Kirghizstan et qui va parcourir pour un mois le Tadjikistan avec eux. Plutôt cool comme programme ! On les recroisera très régulièrement sur la route vu qu’il n’y en a qu’une !…

Enfin qu’une…. Il est censé y avoir deux routes mais à cause de plusieurs glissements de terrain, la route principale a été coupée.

Je cite nos informations : « Suite à un glissement de terrain, la route 41 (Pamir Highway) s’est retrouvée coupé. La boue en glissant a détourné une rivière et a créé, à la place d’un village et de la route, un lac de 12m de profondeur ». Rien que ça !

On ne savait pas quelle route choisir… on prendra donc l’autre ! Elle est censé être plus jolie (d’après les infos qu’on a) mais aussi plus complexe, en moins bonne état. Et… avec bien moins de circulation !

Et ben c’est pas gagné :D


 

En pratique :

Le stop de Sary Tash à Murghab :

Pour dire vrai, le stop ici n’est vraiment qu’une question de chance ! Certains réussissent et d’autre échouent…

Si vous voulez quand même essayer ce passage en stop, faites attention ! Plein de gens vous proposeront de vous amener, gratuitement ou en payant, au poste frontière du Kirghizstan. Mais ce poste frontière est à plus de 20km du poste frontière Tadjik !!

Certain parcourent cette dernière distance à pied mais sachez que dans le sens Kirghizstan->Tadjikistan ça MONTE pas mal… puis il n’y a strictement rien du tout… Et pour finir, une fois arrivé au Tadjikistan il n’y a toujours strictement personne… Pas plus de voitures, et surtout, rien pour se ravitailler. Et cette fois vous êtes à 50km de la première habitation (karakul)…

Donc réfléchissez à deux fois avant de vous y engagez. On a rencontré un gars qui l’a fait, ça n’avait pas eu l’air d’être une partie de plaisir…

Le taxi :

Que ce soit pour faire Osh->Murghab ou Murghab-Osh, le trajet coûte 1500 Som ou 150 Somoni (environ 22€ à l’époque)

A Osh, le taxi part depuis la ferme d’Alaï Baza. Pour s’y rendre il faut prendre le bus 305 ou 105 ou 160 (Le plus simple sera de le prendre au niveau du Bazar d’Osh sur la rue  Zainabetdinova). Confirmez bien au chauffeur que le bus va à Alaï Baza !! Et oui, peut-être qu’il ira dans l’autre direction et de toute façon vous ne serez pas ou vous arrêter donc si vous l’avertissez, il vous déposera au bon endroit !

Une fois déposés sur le bord de la route, demandez à droite, à gauche, frappez aux portes, et vous finirez par trouver !…

Passage de frontière :

Aaaaaah, les passages de frontière sont assez chers par ici… Si, comme nous, vous prenez un chauffeur qui est habitué à faire la route toutes les semaines vous n’aurez pas d’embrouille ! Le bakchich est compris dans le prix du billet…

Par contre si vous y aller avec votre propre véhicule ou avec un chauffeur du dimanche, c’est moins rigolo.

Si vous êtes un peu têtu (ou français) vous pourrez peut être passé au travers mais franchement tout ceux qu’on a rencontré ont fini par payer. 10, 20, 30 ou même 100$ (Le bakchich dépend pas mal de votre niveau de russe…) ! Et oui, c’est Tidi qui remporte la palme avec sa magnifique Lada jaune. Les douaniers lui ont tout sorti… de la carte grise pas conforme à la décontamination entière de la voiture au karcher…

Hotel à Sary Tash :

Elisa Guest House. C’est une guest house toujours vide juste à côté d’une autre toujours pleine… Le prix est de 600 Som par personne pour un lit, le dîner et le petit dèj (c’est plutôt bon !!). Et seulement 300 Som pour juste un lit. Vu qu’elle essaie de faire  concurrence à sa voisine, les prix dégringolent vite même si tu ne marchande pas… elle nous a ainsi proposé 300 Som pour un lit, le dîner et le petit dej.

Hotel à Murghab :

Guest house Tulfabek ! Elle est tenue par monsieur Tulfabek !! Super et très gentil monsieur ! Il propose de planter la tente gratuitement dans son jardin si la guest house est pleine (c’est une petite auberge) ou que vous avez un petit budget. Par contre, vous le comprendrez j’espère mais c’est mieux de donner un petit quelque chose si vous utiliser l’eau et l’éléctricité et de manger de temps en temps à son auberge histoire de !! La salle à manger est cool et la famille super gentille ! Enfin que du bonheur cette guest house ! Repas : 15 Somoni

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10 commentaires »

  1. PAF dit :

    Vous m’avez bouffé 20 minutes de taf, mais qu’est-ce que c’était bon! Un régal, merci :D

  2. Véro dit :

    C’est pas gentil, mais j’ai bien ri. Mais c’est votre faute aussi, le ton de l’article y est pour beaucoup. En pareille circonstance, le récit a plus de piquant avec un peu de recul. Et pour le lecteur c’est plus divertissement que de lire une suite interminable de galères. Bravo pour cet exploit et pour le style dans lequel il nous est conté.

    • leussestucru dit :

      Content que nos galères te fassent rire ! Ça fait toujours plaisir  ! Et merci beaucoup pour ces compliments (Même si on ne mérite pas tant !). En tout cas, on est content que tu ais apprécié !

  3. Wahooo, alors ca c’est du passage de frontière !! Le genre de galères qui fait rêver (les gens un peu fous) et qui donne carrément envie de s’y frotter aussi !
    … Enfin moi en tout cas ca ne me donne qu’une envie, c’est d’aller faire une partie d’échec avec des cailloux blancs et noirs au pieds des montagnes à la frontière du Kirghizstan. :-)

    • leussestucru dit :

      Wahooo, un message de Julien, c’est quand même un peu la grande classe, merci :)
      Super si ça t’as donné envie d’aller user tes chaussures du coté du Kirghizstan, c’est vraiment une région du monde incroyable! :D

  4. catherine dit :

    bravo les gars , continuez de nous faire rire de vos mesaventures car un voyage ou tout serait rose ..franchement il vaudrait mieux rester chez soi

  5. Pommeraud Marion dit :

    Hello !
    Merci pour votre blog c’est super enrichissant !
    Je compte partir vers Janvier faire un long voyage avec des ressemblances avec le votre mais nous avons besoin d’internet pour travailler !
    Est-ce que c’est compliqué dans les istan ? voir impossible ?

    Merci beaucoup pour votre réponse

    • leussestucru dit :

      Salut !
      Alors ce n’est pas la région du monde la plus facile pour avoir internet… Dans les hôtels en Ouzbékistan il n’y a pas de problème. Dans les capitales Tadjik et Kirghiz c’est aussi bon mais le réseau est assez lent. Et dans les provinces de ces deux pays c’est soit très très très très lent et ça coupe tout le temps soit il n’y a strictement rien. Pour exemple, sur notre trajet de Osh (Kirghizstan) à Murghab (Tadjikistan) nous n’avons jamais eu accès à internet. Et à Murghab nous l’avons eu juste pour envoyer deux trois mails, c’est tout. Après, en prenant des hôtels de meilleurs standing peut être que c’est gérable. Enfin, tout dépend de vos besoins en internet ! Vous partiriez pour combien de temps et où ?

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