Passage de la frontière chinoise

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décembre 2, 2014 par leussestucru

Entrée dans l'empire du milieu

(peu de photos dans cet article désolé… on a un peu laissé de côté notre appareil pendant ces quelques jours entre la Oulan Bator et Pékin)

J’écris cet article depuis Pékin, où l’on est arrivé il y a quelques heures, pour vous raconter notre trajet depuis Oulan bator, pour le moins riche en découvertes.

Comme souvent, nous avons eu le choix entre plusieurs solutions pour rejoindre la capitale: une première, simple, confortable et rapide: prendre le transsmongol qui rallie directement les deux villes… ou une seconde solution, moins simple, moins rapide, nettement moins confortable mais tellement plus drôle et accessoirement économique: prendre un train de nuit en 4em classe jusqu’à Zamin Udd, la frontière mongole, trouver un passeur pour traverser la frontière, arriver à Erenhot, la ville frontalière chinoise et y prendre un bus de nuit pour rallier Pékin!

Vous commencez à nous connaître, plus besoin de vous dire quelle solution on a choisi!

Mais revenons à Oulan Bator, où rien que l’achat des billets du premier train est une aventure en soi !

Pas forcément pour le guichet, où les vendeuses parlent étonnamment bien anglais, mais plutôt pour la file d’attente. Ah les files d’attente mongoles…

Pour commencer, si le concept de politesse était déjà un peu flou en Russie, il est complètement inexistant en Mongolie ! Les relations sont simples et on ne s’embarrasse pas de politesses inutiles, on ne tient pas la porte, on se sert dans le plat d’un autre sans attendre son consentement et on n’attend pas que l’hôte soit servi avant de commencer à manger.

Autant vous dire que faire la queue en Mongolie est un moment très drôle mais qui demande un peu de sang froid. Que ce soit une petite vieille ou une jeune adolescente, certains n’hésitent pas à vous pousser de la file des deux mains et à se mettre à votre place. On prend ça avec le sourire, on n’est pas pressé et c’est franchement drôle d’observer les gens doubler de façon aussi peu scrupuleuse. Mais on avoue qu’au bout d’un moment on a tenté tant bien que mal de construire une barricade pour que plus personne ne nous double et qu’on puisse enfin acheter ces billets !

Au moment de l’achat, quand la vendeuse nous demande quelle classe on souhaite et que l’on répond « la moins chère», on n’a aucune idée de ce dans quoi on s’embarque mais on se doute déjà que le voyage sera un peu folklorique.

En rentrant à l’auberge on est impressionné par le nombre de nouveaux immeubles en construction. On se demande bien à quoi la ville pourra ressembler dans 2 ou 3 ans à ce rythme là… Pour un pays où les habitants vivent en nomades sous des yourtes depuis des centaines d’années, cette course à la construction en dur dans la banlieue d’une capitale aussi triste nous parait un peu décalée…

Le jour du départ, on monte dans le train de 16h30 en gare d’Oulan Bator. Impossible de se tromper, il n’y a qu’un seul quai dans la gare et un seul train par jour rejoint la frontière chinoise.

On découvre alors nos conditions de vie pour les 15 prochaines heures, qui ressemblent relativement à celles de la 4em classe russe avec un peu plus de monde. On retrouve les 6 couchettes par compartiment, quatre se faisant face et deux dans le couloir mais avec bien plus de personnes que de couchettes.

On sera 12 dans le nôtre, sachant qu’il est presque impossible de tenir à deux sur les couchettes hautes. En face de nous, elles sont 5 filles, quatre sur la couchette basse et une au-dessus, et seront bientôt rejointes par une sixième qui ira dormir sur le porte bagage… De notre côté on a plus de chance (disons qu’il vaut mieux voir les choses comme ça) on tombe avec un vieux monsieur pas bien net qui finit par faire fuir tous ceux qui tentent de s’assoir sur la banquette avec nous ! Il a en plus quelques problèmes de vue et balancera ses déchets un peu partout et notamment sur la partie de carte de Clément.

D’ailleurs, on parlait du fait que les mongols ne s’inquiètent pas trop des politesses, notre voisin en est bien l’exemple ! On est sorti du compartiment 5 minutes histoire d’aller voir le wagon restaurant et (bon, ok, on aurait pu s’en douter) on n’avait plus de places en revenant, notre voisin s’étant allègrement allongé et endormi sur nos places…

Enfin comme on n’était que 3 de ce côté et que l’âge de notre voisin ne lui permettait pas de monter sur la couchette du dessus, j’ai pu prendre cette place et passer la nuit allongée. Clem a finalement réussi a partager celle du bas avec le voisin et à avoir suffisamment de place pour s’en sortir mieux que les 4 filles entassées en face…

Bref, on a fini par sortir sains et saufs du train vers 7h30 du matin, prêt à commencer la journée en traversant la frontière.

Une fois hors du train, trouver un passeur est tout ce qu’il y a de plus facile, ils vous sautent tous directement dessus ! On négocie un passage à 10000 tugriks par personne et on embarque dans une voiture en direction de la frontière. On est un peu surpris un instant, on nous avait dit que les passeurs étaient tous en jeep mais notre voiture est un break tout simple, pas jeep du tout.

On comprend finalement pourquoi un kilomètre plus loin quand la conductrice nous fait sortir de la voiture pour remonter une longue file de jeep et grimper dans l’une d’elle. Pour avoir une bonne place, les jeeps se placent à vide dans la queue pour la douane pendant que des rabatteurs leur ramènent des clients au fur et à mesure. La voiture nous dépose en premier lieu à la douane mongole où il faut payer une taxe de sortie du territoire de 1000 tugriks soit environ 40 centimes, faire la queue, montrer son passeport, remonter dans la jeep pour enfin rejoindre le poste frontière chinois. Avant d’y parvenir il faut encore refaire la queue avec les autres jeeps dans la douce ambiance des coups de klaxons des conducteurs.

Entre la Chine et la Mongolie

Entre la Chine et la Mongolie

Une fois dans la douane chinoise, c’est reparti pour la file d’attente à la mongole ! Non vraiment, c’est drôle, surtout quand les douaniers ouvrent une nouvelle file, que des dizaines de mongoles se bousculent pour être les mieux placés, qu’on annonce que finalement la file ne sera pas ouverte et que les dizaines de mongols doivent maintenant bousculer les files déjà établies pour se faire une nouvelle place !

Enfin, on en arrive au stade où le douanier analyse notre visa chinois. Petit moment de suspens où on se demande ce qu’il se passera s’il les refuse, un coup de tampon et hop, welcome to China !

On remonte dans notre jeep qui nous dépose dans la première ville chinoise, Erenhot. De là, il est possible de prendre un des 5 bus journaliers qui partent pour Pékin, et c’est d’ailleurs ce que l’on finira par faire, mais pas tout de suite.

On choisit de faire une pause dans cette ville pour 3 nuits, et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, on a l’impression de ne pas s’être posé depuis très longtemps ! Le trip dans le Gobi a été fatiguant et on ressent le besoin de passer plusieurs nuits au même endroit. Ensuite on est complétement en retard sur le blog comme vous l’avez certainement remarquez mais aussi et surtout sur ce que l’on voulait fournir aux écoles… Les élèves reprennent les cours lundi et on aimerait bien terminer plusieurs choses avant leur rentrée. Et cerise sur le gâteau, je traine toujours un rhume depuis la Sibérie et le Gobi n’a rien arrangé, au contraire.

Toutes ces raisons font que l’on n’est absolument pas prêt à débarquer dans une capitale aussi folle que Pékin et qu’on préfère repousser notre arrivée de quelques jours.

Erenhot en tant que première ville chinoise visitée (un peu fantôme comme ville par ailleurs) nous offre nos premiers chocs culturels chinois ! Ici personne ne parle anglais, et quand on demande « english ? » on nous regarde avec de grands yeux ronds. Pas bien pratique quand on a un problème avec le distributeur d’argent et qu’on aurait bien besoin d’un interlocuteur… Finalement entre le gpalémo et le langage des signes on parvient à retirer et à trouver un petit hôtel pas bien cher en face de la gare.

Le soir on décide de tester une des cantines proches de l’hôtel et, nouvelle surprise, le menu est un énorme tableau plein de signes chinois. C’est à partir de là que l’on commence notre nouveau jeu : commander deux plats au hasard et croiser les doigts !

On a de la chance, sur 3 jours on ne tombe que sur des plats excellents et pas chers du tout ! Après la gastronomie un peu monotone de la Mongolie, la diversité des plats chinois est une bénédiction !

A part tester de nouveaux plats, il n’y a pas grand-chose à faire dans Erenhot et cela tombe bien puisque c’est justement ce que l’on cherchait !

Apres trois nuits on est suffisamment d’attaque pour affronter Pékin, on monte donc dans le bus de 16h30 qui devrait arriver dans la nuit dans la capitale. Premier étonnement en entrant dans le bus : interdiction de passer la porte avec ses chaussures ! Ici c’est tout le monde en chaussettes et on comprend pourquoi : le sol est tapissé de moquette !

L’aménagement du bus nous surprends aussi : ils ont réussi à faire entrer 3 rangées de couchettes superposées dans la largeur du bus ! Fort non ?

le bus tout confort!

le bus tout confort!

Bon bien sûr du coup les couchettes ne sont ni bien larges, ni bien longues et Clem a vraiment l’air démesuré allongé sur l’une d’elles. Mais contrairement au train mongol, ici chacun a son petit espace et même si c’est un peu moins convivial, ce n’est pas plus mal pour réussir à dormir un peu.

Pile à la bonne taille!

Pile à la bonne taille!

Environ deux heures après le départ, c’est l’heure de la pause repas et d’une nouvelle découverte sur la culture chinoise, un peu moins sympa que la gastronomie : les crachats !

On avait déjà bien remarqué que les chinois crachaient à peu près tout le temps. On vous passe les détails mais tous, du vieux monsieur à la petite fillette toute mignonne, crachent bruyamment en permanence… mais ce que l’on n’avait pas encore remarqué, c’est qu’ils le font tout autant en intérieur ! On se retrouve donc à slalomer entre les crachats sur le sol carrelé du restaurant pour s’installer à une table.

Après cette nouvelle découverte on remonte dans le bus vers 20heures, heure que choisit le conducteur pour couper toutes les lumières et l’ensemble des passagers pour se mettre à dormir. On sera réveillé plusieurs fois pendant dans la nuit par des contrôles de police qui ne concernent que les passagers chinois et on arrivera comme prévu aux alentours de 2h30 dans la capitale. Comme presque tous les passagers, on termine notre nuit dans le bus jusqu’à 5h30 quand le conducteur nous met finalement dehors. La ville nous semble étonnamment animée pour cette heure de la nuit mais on comprendra vite que la vie débute avec le lever du soleil ici.

La journée s’annonce belle et on est fin prêt à découvrir la capitale du pays le plus peuplé du monde !

Levé de soleil sur Pékin

Levé de soleil sur Pékin


6 commentaires »

  1. YVERNOGEAU dit :

    C’est pour quand la suite des écritures de votre périple ?

  2. PAF dit :

    Des passeurs pour rentrer en Chine?! Vous êtes devenu clandestins alors!
    Et les files d’attentes mongoles, j’exige une vidéo pour comprendre le phénomène! :p

    • leussestucru dit :

      Hé hé :) Non les passeurs sont un passage obligatoire si on ne traverse pas en train ou en bus, rien d’illégal, c’est juste qu’il est interdit de passer à pieds :)
      Et malheureusement, pas de vidéo pour les files d’attentes mongoles, mais promis, on te mimeras ça au retour :p :D

  3. Petrovic Maryla dit :

    Coucou je vous suis toujours de Slavonie en Croatie, très beau périple! Et que d’aventures?
    Maryla

    • leussestucru dit :

      Ah la Slavonie ! Ta ferme nous fait encore rêver Maryla !
      On y passerai bien encore quelques jours à nourrir les animaux !
      tu vas bien d’ailleurs ?
      Comment se porte Margarita ?
      Merci de nous suivre et de nous donner des nouvelles!
      Une bise depuis le sud de la Chine!
      Clément et Tiziana

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

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