Pourquoi on a complètement modifié notre itinéraire

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septembre 4, 2015 par leussestucru

Déviation

 

Vous le savez peut être, au moment où on publie cet article on revient du Turkménistan, pays qui n’était absolument pas prévu sur notre itinéraire au moment du départ.

Dans cet article on vous explique le pourquoi du comment on a changé du tout au tout notre plan de route.

 

Une boucle de Lyon à Lyon en passant par l’Asie du sud-est. Ça c’est la théorie. Heureusement pour nous ce trajet est suffisamment vague pour plutôt bien s’accommoder du changement.

Avant le départ, au moment de rêver l’itinéraire sur une carte en papier, on savait déjà qu’il nous faudrait prendre l’avion pour survoler les frontières politiquement problématiques et compléter notre boucle.

On avait ainsi en tête de prendre un vol entre le Myanmar et l’Inde de façon à contourner la frontière ouest birmane, frontière qui s’ouvre peu à peu mais reste encore complexe et coûteuse à franchir.

Quand les choses sont devenues plus réelles et qu’on a commencé à s’intéresser aux procédures d’obtention des visas, on s’est plutôt orienté sur un vol entre le Myanmar et le Népal, d’où on redescendrait doucement en autostop jusqu’à l’Inde.

Au moment de comparer les vols on s’est rendu compte qu’il était bien moins cher de décoller depuis Bangkok, on s’est donc mis en tête de revenir en Thaïlande après avoir passé un mois au Myanmar.

Puis à l’heure du dernier comparatif de vol avant l’achat des billets, Kuala Lumpur est apparu comme la ville la moins chère pour prendre un avion dans le sud-est asiatique et bon, quitte à rebrousser chemin jusqu’à Bangkok, pourquoi ne pas descendre en Malaisie ?

Kuala Lumpur

C'est quand même plus très loin non ?

Enfin bref… C’est comme ça qu’on s’est retrouvé au sud de la Thaïlande, en route pour Kuala Lumpur, avec pour objectif de ne rester en Malaisie que le temps de monter dans l’avion direction Katmandou.

Voilà pour la théorie.

En pratique si se conformer à l’itinéraire que l’on a prévu en voyage était possible, ça se saurait !

Dans notre cas c’est dans le sud de la Thaïlande, une semaine avant le départ de notre vol pour Katmandou, que l’on a appris la nouvelle : un séisme meurtrier venait de frapper le Népal et plonger le pays dans le chaos.

Nous qui sommes coupés des informations depuis des mois, on a suivi en direct pendant plusieurs jours l’évolution de la situation, choqués par l’ampleur des dégâts humains, sans réussir toutefois à oublier le choix qui se posait à nous : monter ou non dans notre avion à destination de Katmandou.

Dans un premier temps la décision nous paraissait claire : on se rendrait au Népal malgré le séisme et plutôt que de faire du woofing ou le tour des Annapurnas, on passerait deux mois à aider sur place à la reconstruction de la capitale.

On a donc commencé à joindre des associations et des personnes sur place pour se renseigner sur la meilleure façon de se rendre utile. Et la réponse a été unanime : en ne venant pas.

Ajouter deux personnes au chaos de la capitale n’aurait en rien aidé la population et n’aurait fait qu’ajouter deux bouches à nourrir dans une ville ou l’eau et la nourriture commençaient à manquer. Dans une crise d’une telle ampleur, les associations avaient surtout besoin de moyens et de personnes compétentes pour travailler dans une situation d’urgence, et pas de deux voyageurs, aussi motivés soient-ils à aider.

La question se serait posée deux semaines plus tard, la réponse aurait certainement été très différente, mais toujours est-il que quatre jours avant notre vol, à notre arrivée en Malaisie, on commençait à abandonner l’idée de se rendre au Népal pour le moment.

Finalement la compagnie aérienne Air Asia aura décidé pour nous en annulant l’ensemble des vols touristiques vers le Népal. Air Asia se sera par ailleurs montrée étonnamment conciliante pour une compagnie low cost et après quelques appels, elle nous offrira la possibilité de changer de destination pour une des dizaines de villes asiatiques desservies par la compagnie.

Voilà comment on se retrouve dans une chambre d’hôtel sur l’île malaisienne de Pénang, à lister les potentiels itinéraires bis. Après un brainstorming intensif voici les 6 alternatives qui sont ressorties :

1/ retarder de plusieurs semaines le Népal puis continuer en Inde comme prévu

2/ Rester en Malaisie, poursuivre en Indonésie puis en Papouasie nouvelle Guinée avant de reprendre un avion

3/ Prendre un avion pour l’ouest de la Chine et rentrer par les pays en stan en suivant les traces de la route de la soie

4/ Changer le Népal par le Sri Lanka avant de poursuivre en Inde

5/ Changer le Népal par le Bangladesh avant de poursuivre en Inde

6/ Prendre un avion pour la Nouvelle Zélande et rejoindre les copains qui sont en plein road trip de 3 mois là-bas.

Chacune de ces 6 alternatives nous attirait et faire un choix n’a pas été facile (bon, on vous l’accorde, il y a des problèmes plus difficiles dans la vie !).

Mais après plusieurs nuits à tourner ces 6 possibilités dans nos têtes force est de constater que l’une d’elle revient un peu plus souvent que les autres, celle qui nous semble la plus folle, celle dont on ne connait absolument rien mais dont seul le nom nous plonge dans une longue rêverie… Aller, on coupe court à la réflexion, on opte pour un retour par la route de la soie !

Un des avantages de cet itinéraire est qu’une fois en Chine nous n’aurons plus besoin de prendre l’avion, contrairement aux trajets qui passent par l’Inde où il nous aurait surement fallu voler à nouveau pour contourner le Pakistan, plutôt instable en ce moment.

C’est donc décidé, on tentera la route de la soie en autostop, au départ de la Chine puis en passant par le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan (soit autant de pays qu’on ne savait pas épeler avant de prendre cette décision :D), l’Iran, l’Arménie, la Géorgie, la Turquie et enfin l’Europe de l’est.

L’avantage premier de ce trajet, en plus du fait que chacune des frontières soit traversable à pied, c’est qu’on ne connait rien des pays que l’on s’apprête à traverser. Si Samarcande et Boukhara nous laissent rêveurs en évoquant les dômes turquoises de mosquées dans un désert parcouru par les caravanes de commerçants d’un temps oublié, des mots comme Kirghizstan ou encore Tadjikistan sont complètement inconnus au bataillon. Et ça nous plait beaucoup.

(Spoilers : et comme on est content de ce choix ! Après un mois au Kirghizstan le pays se classe unanimement au top 1 de nos coups de cœur du voyage ! Faites-nous confiance et venez voir par vous-même, ce pays est incroyable !)

A peine quelques minutes après avoir validé le choix de l’itinéraire, on modifie la destination de nos billets sur le site d’Air Asia : on opte pour Xi’an, la ville chinoise considérée comme l’ancien point de départ de la route de la soie. On a de la chance, le vol est à quelques euros près au même tarif que notre ancien vol pour Katmandou (et pour ne pas gâcher le crédit en trop on en profite pour commander 3 plateaux repas sur un vol de 4 heures, ça promet :p).

Avion

Miam miam miam!

On en profite également pour modifier la date du vol et se laisser trois semaines de visite en Malaisie, histoire de faire le plein de jungle et de plage avant de se lancer dans les déserts d’Asie centrale.

Voilà comment le 23 mai 2015 on se retrouve dans un avion à destination de l’ouest chinois, 3 plateaux repas sur les genoux.

Si il y a un pays dans lequel on voulait retourner c’est bien la Chine et on est super heureux d’avoir l’occasion d’y reposer les pieds. On est particulièrement excité à l’idée de découvrir l’ouest du pays, dont on avait entendu tant de bien lors de notre premier passage et qui nous semble être une Chine encore bien différente.

La seule ombre au tableau est le vol en lui-même. On est loin d’être contre l’avion, on est même plutôt du genre ultra excité avant de prendre un long courrier. Mais pas dans ce voyage.

Depuis qu’on est parti, le passage à pied des frontières est probablement une des choses que l’on apprécie le plus. Passer en douceur d’un pays à l’autre, en observant petit à petit la culture, la nourriture et les traditions se transformer au fil des kilomètres est une sensation particulièrement agréable. Qui fait sens en quelque sorte, qui nous rappelle qu’on est sur la route, la même sur laquelle on s’est posé en aout dernier pour faire du stop près de chez nous.

Ici dans notre avion qui survole la Thaïlande, on se sent simplement téléporté.

Là comme ça, en quelques heures et 3 plateaux repas, voilà qu’on va se retrouver dans une culture tout à fait différente, qu’on va laisser tomber les rôtis canais pour débarquer au cœur d’un marché ouighour. Quelque chose ne colle pas.

Dans notre tête c’est un peu comme si cet avion marquait le commencement d’un nouveau voyage. C’est d’ailleurs un peu le cas, à partir de Xi’an on changera de cap et pour la première fois, on se dirigera vers l’ouest, vers Lyon… Nous y voilà, on débute le trajet du retour !

Mais le chemin à parcourir avant de se mettre à rêver de gratin de ravioles est encore bien long…

Pour le moment, on atterrit sur le sol chinois et ça, c’est le pied :D

Bazar en Chine

Ca va swinguer!


2 commentaires »

  1. Cecilia dit :

    Ah ah génial cette explication!
    Et maintenant je vais peut être commencer à lire depuis le début non? :)

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

N'hésitez pas à cliquer sur la carte ci-dessous pour avoir un meilleur aperçu de notre parcours!