50 nuances de bleu

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janvier 19, 2018 par leussestucru

Samarcande

On se rend compte que ça fait bien longtemps qu’on a rien posté de neuf… on est un peu nuls, cet article est pourtant écrit depuis des mois :s mais voilà, la vie lyonnaise nous a complètement rattrapés, un peu submergés aussi. Mais c’est que du bonheur !

Ces derniers mois on s’est lancé dans de nouvelles aventures, bien plus sédentaires cette fois puisqu’on est notamment devenu propriétaires d’un appart avec pleiiin de travaux et surtout, surtout, on est devenu parents d’une magnifique petite fille :D Un nouveau grand voyage qui débute !

Mais revenons en Ouzbékistan…

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C’est fou comme souvent aux postes frontières, la sortie du territoire n’est qu’une formalité de 5min et l’entrée dans le pays voisin tout un branle-bas de combat d’une quinzaine de militaires, policiers et autres fonctionnaires pour ta simple personne.

Celui de l’Ouzbékistan ne déroge pas à la règle. On quitte le Tadjikistan en quelques minutes pour se retrouver face à la douane ouzbèke et là, c’est tout un manège qui se met en place !

Le seul fait d’accéder au poste frontière est loin d’être une évidence ! Pour éviter de contaminer le territoire ouzbek avec de la poussière tadjike, on est obligé de purifier nos chaussures avant de passer la porte. (!)

Pour cela, on nous invite à faire quelques pas dans une grande flaque d’eau un peu trouble. Et pas de jaloux, les voitures aussi doivent y passer et purifier leurs pneus avant d’entrer en Ouzbékistan !

Bon on reste sceptique sur l’utilité du truc sachant qu’en sortant du pédiluve-frontière on remarche directement sur la même poussière que deux mètres auparavant, mais attention, c’est de la poussière de douane ouzbèke cette fois !


Arrive la vérification classique des passeports et des visas, et enfin, le moment qu’on attend tous : la fouille aléatoire ! Enfin aléatoire…  Faites le calcul : deux touristes avec de biens gros sacs + des douaniers qui s’embêtent dans un poste frontière vide, ça donne quoi ?

Et hop, on pose nos sacs, on vide absolument tout pour tout ranger en vrac 3 minutes après, jusque-là rien qui nous change de d’habitude. Mais v’la qu’un des douaniers s’intéresse à notre ordinateur.

On lui allume, il commence à fouiller la poubelle (qu’on avait vidée en prévision du passage à la frontière, au cas où…), puis ouvre le dossier ‘photos’ et se passionne pour nos photos de famille… « lui c’est ton papa ?, et elle ta maman ? ah oui là on voit bien que c’est ton frère il te ressemble, ooooh un chat, c’est le tien ? il s’appelle comment ? »

Une fois notre arbre généalogique parcouru, il ne semble pas s’être lassé et se lance dans le dossier ‘film’… Il clique au hasard sur le film « Les lyonnais » (on se félicite d’avoir supprimé « La vie d’Adèle » il y a quelques jours, pas surs qu’on aurait fini par passer…). Et pouf, ce qu’on pensait être une fouille du pc se transforme en petite séance d’un quart d’heure de cinéma à la douane. C’est long 15min…
Sa collègue fini par lui demander pourquoi c’est si long et notre cinéphile répond simplement : « bah j ‘m’intéresse! » avant de couper le film a contre cœur.

On range l’ordi, on commence à dire merci au revoir vous êtes mignon mais on veut rentrer dans le pays nous, quand ils trouvent une nouvelle idée pour nous garder: «mais attendez on ne vous a pas fouillé !» (on commence à gérer le vocabulaire russe spécial douane hein ? :D )

L’ambiance est quand même trèèèèèèèès relaxe par ici. Ce doit être un des passages de douane les plus longs qu’on ait fait (voilà déjà presque 3 heures qu’on est là…) mais aussi un des plus tranquille.


Et enfin, après une fouille rapide, on est en OUZBEEEEKISTAAAAAAANNN !!!!

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En pratique on ne sait pas trop ou on met les pieds, on n’a pas vraiment pris le temps de se renseigner sur les choses à faire dans le pays, mais au vu des deux derniers –stans visités, on ne se fait pas trop de soucis. Et puis il paraît qu’il y a de bons fruits dans le coin ! C’est déjà un bon début non ?

Pour ne pas nous dépayser trop vite un kamaz nous prend sur quelques kilomètres et nous sort du no man’s land frontalier composé de champs de coton arides.

Puis on tombe sur THE voiture qui roule bien ! On fait plein de kilomètres entrecoupés de pauses en bord de route sur des stands de vente de melons et de pastèques. Au troisième stop le chauffeur me dit de sortir avec lui et me demande lequel de ces melons est le plus gros. Je ne sais pas s’il y a une taille homologuée pour appeler un melon un melon mais là clairement ils sont hors catégorie. Le plus petit doit faire 50cm de long pour 5/6kg…
Comme demandé je lui montre le plus gros (franchement enorme pour 10/12kg).

En le mettant dans la voiture le mec nous explique que c’est en fait un cadeau pour nous! On essaie de refuser (autant par politesse que parce qu’on se voit mal se balader avec un melon mutant sous le bras) mais on comprend vite qu’on n’a pas trop le droit.

Et voilà comment on arrive à Samarcande avec un melon de 10kg sur les épaules ! Heureusement on est à « seulement » 4km du centre… Vous pouvez me croire ou non, mais ça change pas mal la donne de marcher avec un melon de cette taille sur les épaules !

Samarcande
Ca c’est du beau melon!

Peut-être que la mythique ville de Samarcande n’évoque rien pour vos oreilles mais il faut savoir que dans un passé lointain elle fût l’une des villes les plus importantes et les plus riches de la non moins mythique route de la soie ! Et ça c’est pas rien !
Malgré les guerres et dictatures de ces derniers siècles, la ville a gardé de bien beaux bâtiments de son âge d’or.

– A commencer par le Registan ! C’est une place entourée de trois madrassas, rien que ça ! Ce sont d’anciennes écoles ultra classes, genre Poudlard version moyen orient !

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Petit bonus, en se baladant dans l’une des madrassas, on tombe sur des artisans qui retapent des mosaïques sur le bâtiment.
Comme on a tout notre temps à perdre et que le mur est immense, on s’approche et on leur propose un peu de main d’œuvre non qualifiée. Ils ont l’air ravis qu’on s’intéresse à leur boulot, et hop, on démarre un cours particulier de collage de cailloux colorés :) .

Ils nous expliqueront leurs techniques de coupage, d’assemblage et de collage pour recréer ce que devait être le mur à l’époque. Malheureusement, on se fait mettre à la porte lors de la fermeture du lieu… Même pas le temps de finir le mur :( .

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– La nécropole Chah-i-Zinda !

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Waaaaaaaaaaa ! Honnêtement c’est peut-être le plus bel ensemble de bâtiments qu’on ait vu au cours du voyage ! C’est juste grandiose. L’ambiance est magique, les tombeaux somptueux, bref on ne s’en lasse pas ! La nécropole n’est pas très grande mais on finit par y flâner non pas une mais deux après-midi entières…

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– La mosquée Bibi-Khanym (Prononcez rhanoum)

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« Sa coupole serait unique si le ciel n’était pas sa réplique, il en serait de même pour son arc si la voie lactée n’était pas son fidèle reflet » Cherefeddin Ali Yazdi. Faut-il vraiment en dire plus ?

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La mosquée, à l’image des autres édifices de la ville, est grandiose. Cette visite achève de nous faire tomber amoureux du bleu turquoise.

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Le bazar attenant à la mosquée est sympathique, les vendeurs sont habitués à voir défiler les touristes mais ne sont pas blasés ou insistants pour autant, l’ambiance est même plutôt tranquille.

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- Et pour finir cette liste tout sauf exhaustive voici le Gour Emir. C’est le mausolée de Tarmelan, aussi connu sous le nom de Timur le boiteux !

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C’est lui qui fit rayonner Samarcande à l’international avec un empire s’étendant de l’Inde à la Turquie et du Kazakhstan à L’Iran ! Homme sans pitié, son armée aurait tué l’équivalent de 5% de la population mondiale de l’époque… Un fou furieux !

Le mausolée vu de l’extérieur ressemble un peu aux autres monuments, il est superbe, turquoise et plein de coupoles ! Par contre l’intérieur, tout en doré et bleu nuit diffère un peu et vaut le détour ! Il avait du goût le Timur !

Le gour Emir

Le tombeau semble être un lieu de pèlerinage et l’atmosphère y est très particulière, presque tendue. Ce qui se comprend un peu quand on sait que le mec a marqué dans son mausolée : « Lorsque je reviendrai à la lumière du jour, le monde tremblera ».

Ce qui est fou c’est que ça n’a pas loupé. Dans la nuit du 22 juin 1941 un archéologue exhume le corps de l’émir. Et paf ! Le matin même Hitler déclare la guerre à l’URSS ! le pauvre archéologue est depuis considéré responsable de l’entrée en guerre de l’URSS par l’ensemble des républiques soviétiques. Pas cool.

 

Voilà pour ce qui est des principaux monuments de Samarcande. A vrai dire il y en a beaucoup d’autres, mais cet article est déjà bien rempli de bleu turquoise comme cela !

Vous remarquerez qu’on ne parle que de monuments isolés et pas du centre-ville historique. C’est tout simplement parce que ce dernier n’existe malheureusement plus…

Tout a été rasé dans une opération d’urbanisme d’envergure consistant à relier les monuments historiques par de larges avenues aseptisées bordées de pelouses bien vertes et de grands magasins de souvenirs. On nous avait parlé de Disneylandisation, c’est exactement l’impression que cela donne…

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Ça nous fend le cœur de voir à quel point le patrimoine architectural et culturel de la ville est mis à mal par ces transformations urbaines spéciales touristes… de quoi culpabiliser un peu d’être là :s

Heureusement, il est quand même possible de trouver un coin avec un peu de charme en passant de l’autre côté du mur de commerces (il y a des portes ouvertes de temps à autre, sinon aller se perdre tout en s’éloignant des monuments marche plutôt bien). On tombe alors enfin dans les quartiers vivants de Samarcande. Gargote de chachliks, petits parcs où les locaux jouent tranquillement aux échecs, boulangerie ouzbèke, etc. Mais difficile d’oublier cette séparation entre touristes et locaux qui se retrouvent complètement coupés de leur patrimoine…

Enfin, malgré ce gros point noir la ville reste pour nous un incontournable de l’Asie centrale, rien que pour la beauté incroyable de ses monuments.

Sinon pour l’histoire du melon, on en viendra à bout en 5 jours avec l’aide de pas mal de nouveaux copains (astuce voyageur: se balader avec 10kg de melon à partager est un moyen sympathique d’engager la conversation ^^) Et pour info, il était délicieux ! Comme à peu près tout ce qu’on trouve dans le coin d’ailleurs ! Fruits secs, fruits confits, pistaches, amandes, fruits tout court, chachliks, samsas, mantis ouzbeks et tellement d’autres…

Puis vient le moment de partir. On marche une dizaine de kilomètres pour sortir de la ville et on reprend le stop pour Boukhara. C’est une ville tout aussi touristique mais qui semble t’il a su garder, pour le moment, un peu plus d’authenticité.

On a hâte de découvrir ça !

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Info Pratique

Il est théoriquement impossible de passer dans le pays sans aller à l’hôtel. La douane demande en sortant du territoire au minimum une preuve de facture d’hôtel pour 3 nuits passées dans le pays. Pensez donc bien à demander le papier d’enregistrement à chaque fois ! (Renseignez-vous quand même, les choses ont peut-être bougées depuis…)

Mais du coup les hôtels et autres auberges sont bien plus chers que dans le reste de l’Asie centrale (bon c’est aussi le pays le plus touristique, ça joue !). Comptez 20$ la nuit pour deux, petit dej inclus, pour les bas prix. Pour les plus petits budgets il est tout de meme souvent possible de négocier ou de demander à ne pas prendre le petit déjeuner sur place pour économiser.

Dormir à Samarcande :

Bahodir Hotel. Il est juste à côté du centre ville. Mais vraiment juste à côté ! Super emplacement mais gros squat à touristes. Beaucoup de monde. 25$ négocié à 22$ pour chambre double avec salle de bain et petit déjeuner. Internet ne marchait pas super bien quand on y était…

Hotel Najiba. On finit par changer d’hôtel pour être plus au calme. 400M plus loin du centre on tombe ce petit havre de paix. Que 4 chambres ici ! 22$ pour lit double salle de bain et petit déjeuner. On y mange très bien, le wifi est meilleur et la grand-mère qui gère l’établissement est vraiment adorable !

Manger à Samarcande :

Café Bobur (bobyr). Derrière la mosquée Bibi Khanym, il y a un excellent restaurant de chachliks ! Ambiance sympa, pas cher et la nourriture est bonne. Pas loin du tout, on trouve aussi d’excellents plovs. Il faut vraiment aller derrière la mosquée !

Le bazar à côté de Bibi Khanym. Avec tous ces fruits et légumes, vous trouverez forcement de quoi faire une délicieuse salade !

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Les petites « boulangeries/appartements » dans la rue sont très appréciables. De bons samsas posés sur une fenêtre ouverte qui donne sur la rue sont une valeur sûre. Sûrement le meilleur rapport qualité prix :)

Échanger son argent

Le bazar semble faire partie des meilleurs endroits ! Aller voir les gens qui ont de grosses valises ou sacs noirs. Négociez jusqu’à ce que vous ayez un taux qui vous semble correct !

Les tickets

Alors là c’est un sacré sujet. Tout d’abord il faut savoir qu’il est possible de négocier l’entrée de chaque monument. Le problème c’est qu’il semblerait qu’une partie de ces tickets soient loin d’être officiels, l’argent allant parfois directement dans la poche du monsieur qui les vend.

Il existe parfois un ticket avec permission pour prendre des photos et vidéos et un autre sans ! (Bon une fois dedans personne ne contrôle donc on ne sait pas trop si là aussi c’est vraiment officiel cette histoire)

Il ne faut surtout pas les jeter !! Ils sont réutilisables une deuxième fois si vous vous démerdez bien ! (Rien de très officiel encore une fois…)

Bien qu’il y ai des horaires d’ouvertures officiels, il est tout à fait possible d’entrer au petit matin dans certains monuments. La mosquée Bibi Khanym n’ouvre officiellement qu’à 9h mais nous l’avons visité une deuxième fois (avec les tickets de la veille) vers 7h pour voir la lumière du matin !

Et pour finir, il est très facile de rentrer gratuitement dans la nécropole par le cimetière qui la surplombe. On y rentre par la fin mais bon. Et il est possible de ressortir par l’entrée. On ne veut pas pousser à la triche, mais si comme nous vous tombez amoureux du lieu et que vous avez envie d’y retourner 4 ou 5 fois, c’est toujours bon de savoir qu’il y a une entrée gratuite…



2 commentaires »

  1. Marie-Claude dit :

    Youpee!
    Un nouveau récit ! Et avec des photos impressionnantes. Merci merci.
    Construisez bien votre nouvelle vie à 3.
    Et à bientôt au prochain numéro.
    Bisous.
    Marie-Claude

  2. Laurent dit :

    Vous écrivez avec un peu de retard, donc je prends la largesse de lire moi aussi avec du retard ;-)
    Et bien félicitation aux parents et à la petite fille alors :-D
    Il est bien connu que le port du melon, c’est tout un art, et je dois bien reconnaître que Clément le maîtrise à merveille. Bien mieux que moi en tout cas !

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

N'hésitez pas à cliquer sur la carte ci-dessous pour avoir un meilleur aperçu de notre parcours!