Turpan, Tuyok et Urumqi

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octobre 26, 2015 par leussestucru

Turpan

1000 kilomètres en une journée? Super facile !

1000 kilomètres en une journée, en stop? Facile! …

1000 kilomètres en une journée, en stop, en Chine ?? … Ça commence à être un chouilla tendu non ?…

C’est pourtant la mission de ce matin ! Entre Jiayuguan et Turpan il y a 1000 kilomètres, une seule route et presque aucune ville… Enfin trois pour être exact. Bienvenue dans le far ouest chinois ! Un désert interminable entouré de grandes montagnes enneigées.

Et à peine sorti de Jiayuguan on comprend pourquoi les chinois de l’époque avaient peur d’aller plus à l’ouest…

Le paysage est assez austère, pas une goutte d’eau à l’horizon, pas plus d’arbres ou de coins d’ombre… Enfin, un vrai désert.

On commence à se demander comment les caravaniers pouvaient passer par là ! Moi j’aurais probablement directement fait demi-tour en voyant l’truc et m’en serait retourné manger des raviolis à Xi’an !

Mais il faut croire qu’ils étaient bien plus courageux à l’époque et c’est bien par ici qu’ils passaient, les doigts croisés pour espérer tenir à distance les attaques de nomades et autres tempêtes de sable.

Pour nous, ce sera un peu plus simple. Depuis que la Chine est Chine, les attaques ont pas mal diminué et subir une tempête de sable bien assis dans une voiture se passe généralement assez bien.

Bon on a quand même 1000 km à faire, pour nous c’est un bon challenge ! Mais comme d’habitude, on se lance sans trop se demander où on finira la nuit.

Les deux premières voitures nous prennent assez rapidement mais nous redéposent toutes deux pas tellement plus loin et au milieu de nulle part (en même temps sur cette autoroute l’expression « au milieu de nulle part » n’a plus vraiment de sens…)

Puis arrive la troisième voiture, celle qui nous replongera directement dans l’univers de la route de la soie. Deux chinois d’origine afghane font d’une traite la route entre Shanghai et Kashgar, soit à peu de chose près les deux villes les plus éloignées du pays… 5100km ! Ils transportent dans leur coffre des pierres précieuses qu’ils prévoient de vendre dimanche sur l’un des plus beaux marchés d’Asie, le bazar de Kashgar.

Même si cette aventure est moins incroyable (et bien plus rapide) qu’elle ne devait l’être dans le passé, un seul regard aux pierres précieuses nous replonge dans un rêve, un rêve de désert, de caravanes et de bazars.

Nos deux pilotes finissent par nous sortir de nos rêveries. Eux qui étaient si souriants et rigolos se mettent à s’engueuler sévère… le ton monte petit à petit puis se fait menaçant, ils s’hurlent largement dessus et finissent par s’ignorer mutuellement.

Notre position de spectateur qui ne comprend pas un mot n’est pas des plus confortables et on est bien soulagé quand après 5 heures de route on descend enfin de la voiture. Enfin on se plaint mais ils nous ont quand même bien avancé, grâce à eux il ne nous reste plus que 400km à parcourir !

Il a beau être 17h, on ne se fait pas trop de soucis, le fuseau horaire unique qui couvre la Chine permet à l’ouest du pays d’avoir de la lumière jusqu’à très tard dans la soirée et ces temps-ci le soleil se couche entre 22 et 23 heures…

On attend près d’une heure avant de trouver une nouvelle voiture qui par miracle va effectivement à Turpan. Notre destination ! Finalement 1000km en un jour ça se fait bien :) !…

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Et dans la bonne humeur!

Mais en fait non. Soit le gars en a eu marre de nous à mi-chemin, soit on s’est encore une fois mal compris, toujours est-il qu’il nous dépose sur une sorte de sortie d’autoroute qui ne mène nulle part, 120 kilomètres avant notre destination.

On est un peu déçu en sortant de sa voiture mais finalement, se faire poser là est peut être bien la meilleure chose qui pouvait nous arriver :D

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autostop en fin de journée

Il y a un petit village près de Turpan réputé comme magnifique et souvent listé comme un des incontournables à faire dans le coin, le village de Tuyok. Vous imaginez donc bien que quand la voiture suivante nous propose de nous déposer à Tuyok, même si ca ne correspond pas tellement à nos plans, on ne dit pas non :D

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un ptit avant goût de Tuyok!

La route est grandiose. On rejoint des montagnes merveilleuses, on passe par des gorges tout aussi belles, le soleil est en train de se coucher et avant de descendre au village on aperçoit la dépression de Turpan. Moins 154m en dessous du niveau de la mer, la vue est assez impressionnante.

Et pour achever la journée en beauté, ils nous expliquent qu’il n’y a pas d’hôtel dans leur village et nous proposent de dormir chez eux. Et c’est évidemment avec grand plaisir qu’on accepte ! C’est beau la vie des fois :) .

Petite déception tout de même dans cette journée riche en émotion, en 14h de stop nous ne ferons que 955 kilomètres… et pas 1000! Mais en même temps j’ai envie de dire qu’on s’en fou royalement :D !

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autre ptit aperçu de Tuyok!

La famille nous accueille comme s’il elle nous connaissait depuis toujours. Sans un mot, on nous fait comprendre de nous sentir ici comme chez nous. La femme prépare à manger, on essaie de l’aider mais elle ne semble pas prête à nous laisser faire. L’ambiance est très calme, tout le monde à l’air bien, détendu, il y a des chatons, bref, tout va pour le mieux.

Seul leur plus petit fils, d’environ 6 ans, court, saute, chahute et me monte dessus.

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C’est cette petite boule d’énergie qui fait sourire tout le monde et qui facilite la communication. Il faut savoir qu’on est ici dans une famille ouïghoure et qu’en plus de ne pas parler anglais, ils refusent catégoriquement d’apprendre le chinois !

Les Ouighours sont un peuple turcophone et musulman habitant principalement dans la région du Xinjiang en Chine mais aussi au Kazakhstan et au Kirghizstan. Les ouïghours se sont soulevés à plusieurs reprises pour obtenir leur indépendance mais sans succès. Sortir de la grande puissance chinoise n’est pas du genre facile…

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deux femmes ouïghoures

« Ici, on n’est pas en Chine », « Le Gansu et le Xinjiang, ce n’est pas la Chine ! » sont des phrases qu’on entendra régulièrement par ici.

Et c’est vrai qu’en observant leur mode de vie, en testant leur nourriture, en les écoutant parler, on aurait bien du mal à les considérer comme des chinois…

La nuit tombe assez vite, l’électricité ne marche plus, ou pas. On ne sait pas trop. Le père amène le triporteur électrique et allume le phare. Ce soir on mange à la lueur de la machine.

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La nourriture est très simple mais vraiment délicieuse. Des légumes du jardin cuisinés à la poêle, du pain, une succulente pastèque et un melon tout aussi bon.

Ce coin à une allure de paradis.

Puis vient l’heure de se coucher. La maison est grande mais le père nous explique qu’ils dorment tous ensemble sur une grande planche en bois au milieu du jardin, à la belle étoile. Et pour notre plus grand plaisir, on aura le droit au même traitement :D.

On déplace la planche en bois qui nous servait de table pour la placer dans le jardin, deux couettes épaisses dessus et on transforme tout ça en nid bien douillet !

C’est juste fabuleux de dormir là, avec une famille ouïghoure au milieu d’une oasis perdue dans le désert. Pour ajouter à la magie de la soirée, le ciel est clair et les étoiles brillantes. On assiste à un levé de lune fantastique avant de tomber lessivé dans les bras de Morphée au milieu du jardin.

Le réveil au petit matin ne nous ramène pas pour autant à la réalité et mes 26 ans débutent décidément en beauté.

On petit déjeune avec la famille à peu près le même repas que la veille puis on part tous ensemble sur le triporteur déposer le plus grand des deux fils à l’école. C’est toujours aussi difficile de discuter avec eux mais c’est aussi l’occasion de constater une énième fois qu’on n’a pas tellement besoin de parler la même langue pour communiquer.

Une fois le garçon à l’école, le père nous emmène dans la partie touristique du village de Tuyok. Au moment de nous dire au revoir, il nous fait comprendre qu’on est bienvenu chez lui quand on veut et qu’il nous accueillera toujours avec autant de plaisir. Et malgré notre insistance, pas question de parler d’argent, l’hospitalité n’a pas de prix par ici.

On quitte notre hôte et à peine 5 mètres plus loin, on se fait accoster par un petit vieux qui habite ici. Il nous fait comprendre qu’il vient d’assister à un enterrement et nous presse de le suivre. On s’exécute et on se retrouve dans la cour de sa maison, un thé dans la main, une pastèque et un melon sur la table. L’hospitalité ouïghoure…

On se demande quand même comment ils font pour avoir de si gros et délicieux fruits comme ça au milieu du désert…

Notre nouvel hôte nous ramène des miettes de pain sec qu’il commence à mettre dans le thé en nous expliquant qu’il n’a plus assez de dent pour le manger autrement. On ne réfléchit pas vraiment et on fait pareil. Erreur. Les miettes absorbent le thé et nous offrent un mélange de grumeaux tièdes sans gout et difficiles à avaler… enfin c’était pas bon quoi.

Une fois ce petit déjeuné difficilement ingurgité le vieil homme nous montre son atelier. Il possède un petit magasin d’artisanat dans lequel il expose des choses plus ou moins jolies. Enfin surtout des antiquités qu’il ramasse à droite et à gauche et qu’il rafistole à sa façon. Il collectionne aussi les monnaies étrangères, du coup on lui donne quelques pièces qu’il nous reste de Thaïlande et de Malaisie.

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sa boutique/atelier

Si vous passez dans le coin n’hésitez pas à passer le voir, il ne parle pas beaucoup mais il est vraiment sympa !

On laisse nos sacs chez lui et on part à la découverte de la partie touristique/musée du village.

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On l’appelle musée parce qu’il est considéré comme une belle représentation du mode de vie des gens à l’époque… Pour nous ça sonne plus comme un prétexte chinois pour faire payer une entrée aux touristes !

Pour les ouïghours le village est également un lieu saint de haute importance ! Le premier ouïghour à s’être converti à l’Islam reposerait ici, un peu au-dessus des gorges qui alimentent en eau les habitants. Il est dit que venir sept fois en pèlerinage à Tuyok remplacerait un pèlerinage à la Mecque !

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En plus d’être saint ce village remonterait au deuxième siècle avant JC. Il a vu naître des dizaines de civilisations, passé des centaines de barbares (dont notre copain Gengis !!), changé du Bouddhisme à l’Islam et surtout, est toujours habité de nos jours !

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la mosquée de Tuyok

Finalement le tour du village est quand même assez vite fait. Il suffit de se perdre dans les ruelles et de faire un petit tour dans les gorges pour en avoir un bon aperçu. Le must par ici c’est quand même les gens ! Comme de partout en fait…

Par contre la chaleur qu’on redoutait tant arrive à grand pas. Il n’est même pas 10h et on a déjà du mal à bouger. Paraîtrait que la dépression Turpan est l’endroit le plus chaud et le plus sec de Chine et que quand il pleut (à peu près 13 jours par an), il fait tellement chaud que l’eau s’évapore avant même de toucher le sol… Et ils arrivent à faire pousser des trucs ! Sont sacrément fort ces Ouighours !

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aller, une dernière vue de Tuyok!

Ce n’est pas tout ça mais il nous reste 45km à faire pour arriver à Turpan!

On reprend le stop en s’arrêtant (non sans mal) aux ruines de Gaochang. Cette cité prospère et active de la route de la soie n’a pas su résisté aux dégâts du temps (ni aux mongols). De la ville construite en terre et en sable il ne reste que les murs et de la poussière.

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les ruines de Gaochang

Le stop pour y aller a plutôt bien marché mais notre conducteur a tenu à nous déposer devant l’entrée du site et trouver l’entrée en voiture n’est pas des plus évidents… Après avoir tourné trois fois autour du site, notre conducteur finit par nous déposer devant une entrée sans employés, qui s’avèrera finalement être l’entrée des ouvriers…

la chaleur nous écrase de plus en plus et chasse notre motivation à trouver l’entrée touristique à pied pour y acheter un billet, on abandonne donc et on part se réfugier sous une grosse arche en terre en plein milieu du site.

Il n’y a absolument personne par ici. Pas un garde, pas un touriste, pas même un oiseau ou quelconque reptile. Le soleil brulant à faire fuir tout le monde.

L’ambiance en est d’autant plus impressionnante. Les ruines encore présentes sont colossales et on a bien du mal à imaginer la taille et l’activité de la ville à l’époque de la route de la soie tellement cette cité devait être énorme.

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vue sur les flamming mountains depuis les ruines de Gaochang

Au bout de dix minutes à l’ombre de cette arche on se rend compte que la partie où l’on se trouve est interdite au public et qu’on ferait mieux de déguerpir avant de se faire accuser d’avoir ruiné les ruines.

Puis on remonte dans deux trois voitures et on arrive enfin à Turpan ! Une ville, ou plutôt un village à côté des mégalopoles chinoises, qui a une belle surprise pour nous. Ici, au milieu d’un désert des plus inhospitaliers, des plus chauds et secs, aride comme les fesses d’une grand-mère de 98 ans, on trouve les meilleurs fruits du MONDE !!!!!!

Grâce à un système de canaux deux fois millénaires par leur âge, ils font pousser ici pleins de fruits de toutes sortes. Raisins, melons, pastèques, mangues, litchis et j’en passe et des meilleurs. Et grâce aux climats les fruits se transforment en bonbons sucrés !

14 CENTIMES D’EURO LE KILO DE PASTEQUE !!!!!!!!!!!!!!!!! Et franchement, on n’a jamais mangé de pastèque aussi délicieuse de notre vie ! Et je ne parle même pas des mangues ! On adorait celle de Thaïlande mais là, C’EST DU DELIRE COMPLET !!! On ne les mange pas, on les gobe…

Un petit tour au bazar et on revient avec huit mangues, un demi-kilo de litchis et un melon de 4kg, le tout pour moins de 2,5€. Malheureusement, on les a mangés trop vite pour avoir le temps de prendre une photo…

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on a pris une photo d'pâtes à la plaaace!

En quelques jours à Turpan on a presque remplacé tous nos repas par des fruits… (Bon, soyons honnêtes jusqu’au bout, une overdose de fruits c’est bon pour les vitamines mais quand même un peu moins pour le système digestif…Et on a fini sacrément malades avec tout ça… mais c’était boooooon)

Bon entre deux kilos de pastèque on ira quand même visiter la ville. Faut pas croire qu’on fait que manger non plus ! (même si heu, ça nous prend pas mal de temps…)

Il y a tout plein de choses à faire aux environs de Turpan. Comme aller chercher le vrai point le plus profond de la dépression… Ou aller voir l’Emin Minaret (qu’on ne verra que de l’extérieur car l’entrée est particulièrement chère encore une fois)

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Emin minaret

Ou flâner dans la vieille ville qui, malgré son centre ultra rénové, a une banlieue de maison en terre crue plutôt charmante (qu’ils sont d’ailleurs en train de détruire à grands pas pour bétonner toujours plus…)!

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la banlieue charmante de maisons en terre crue...

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...qu'on va pas tarder à détruire pour construire de grandes tours

Dans tout ça il y a un site qui sort du lot à nos yeux: les ruines de la citadelle de Jiaohe!

C’est une ancienne ville en terre, prospère du temps de la route de la soie, aujourd’hui désertée mais qui a plutôt bien tenu le coup, enfin pour une ville rasée par les mongols.

Ce serait même une des citadelles les mieux conservées au monde (ça on a quand même du mal à y croire). Mais les rues sont encore là, certains bâtiments « tiennent » toujours debout (merci Gengis !), le site est énorme et il n’y a absolument personne !

Enfin SAUF sur le point de vue où les cars de touristes en tenue de ninja sont déchargés, mais rassurez-vous, ils repartent après trois selfies photos sans même avoir pensé à marcher dans les ruines.

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le point de vue et les ninjas (dire qu'on supportait à peine nos tee shirts tellement il faisait chaud!)

Non vraiment, les ruines sont belles et plutôt impressionnantes, bien qu’on ne discerne plus grand-chose de la plupart des bâtiments, on se sent tout petit en déambulant dans les ruelles qui devaient grouiller de monde à l’époque (la cité comptait environ 6500 personnes quand même !).

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C’est un vrai labyrinthe où l’on se plait à se perdre. Par contre, ici aussi la chaleur est infernale et nous pousse à frôler les murs à la recherche du moindre bout d’ombre.

De retour à l’auberge et après avoir une dernière orgie de fruits, on tend le pouce direction Urumqi, la ville principale de la région.

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l'autostop version riilax

On aura besoin que d’une seule voiture pour relier les deux villes puisqu’il qu’il n’y a strictement rien entre.

Rien ou presque ! Cette région étant réputée pour être un immense couloir à vent, le gouvernement chinois a décidé d’investir dans des milliers et des milliers d’éoliennes. Impossible de les compter ou même d’en voir le bout. Ils ont vraiment vu grand ! La Chine est d’ailleurs depuis la première puissance éolienne mondiale, même si de nombreuses éoliennes ne semblent pas encore raccordées au réseau.

Deux chinois et un martien !

A Urumqi on rencontre nos hôtes pour les deux prochains jours, deux chinois de l’est venus en terres ouïghoures pour trouver du travail. Le gouvernement semble donner des bourses aux hans, la majorité ethnique chinoise, pour qu’ils s’installent en terres dans le Xinjiang et se « mélangent ». Une façon comme une autre de « maitriser » le désir d’indépendance des ouighours.

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nourriture de rue à la ouïghoure

Nos hôtes nous font rire, quand je sors un couteau pour couper un fruit, ils se mettent à crier et me prie de faire attention à mes doigts. Ils ont du mal à comprendre comment on arrive à manger avec un couteau et une fourchette… Pendant ce temps ça fait 6 mois qu’on galère avec leurs baguettes :D Magie de l’échange culturel :)

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Pierre après l'utilisation du couteau (et jvous raconte pas notre état après les baguettes!) ;)

Pierre, un de nos couchsurfers, est du genre romantique, quoi qu’un peu particulier : il nous demande si il peut nous filmer en train de dire « happy wedding » pour faire une surprise à se femme le jour de son mariage. Jusque-là c’est mignon.

La partie bizarre c’est qu’il s’agit d’une vidéo d’anticipation car il n’a pas de fiancée et encore moins de petite amie ! En tout cas sa prochaine copine aura par avance toutes sortes de vidéos de félicitations, de quoi bien démarrer une relation, sans pression aucune :)

Sinon pour revenir sur la ville d’Urumqi, il n’y a pas non plus des masses de choses à voir. C’est une ville sans cachet, sans âme, sous contrôle policier (c’est qu’il faudrait pas que les ouïghours se soulèvent à nouveau), avec un bazar un peu trop propre et un musée vite lassant.

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serpents, grenouilles et autres animaux séchés au marché

Par contre les gens qui sont dans le musée sont assez exceptionnels ! Surtout un en fait.

Pendant qu’on visitait tranquillement un gars est venu me parler de choses disons… étonnantes. Sa première phrase, je cite : « Zeus est en colère et a quitté la terre à cause de Poséidon qui veux créer une nouvelle lune grâce à l’image des hommes et de l’eau ». Ça c’est de l’entrée en matière !

Devant mon air perplexe, il m’explique par un exemple pratique comment on crée une nouvelle lune. Il est l’eau, je suis la terre, il court vers moi et pouf ça a fait des chocapics une nouvelle lune ! Je, heu, oui, merci monsieur, je suis bien moins perplexe maintenant.

J’essaie en vain de m’en débarrasser mais il me suit et poursuit avec des phrases à la « Vanilla sky est l’esprit de Jupiter » ou encore « La rivière Styx est en orbite », je ne sais vraiment pas quoi lui répondre il est vraiment persuadé de dire des choses cohérentes et sensées…

Et quand je parviens enfin à m’enfuir, il revient à la charge en me disant « Tout à l’heure ce que je vous ai dit c’était bizarre non ? (Noooon pas du tout duuuu tout !) Vous pensez que c’est possible ? Par que pour moi tout est devenu très clair quand je vous parlais ! »… Et bien au moins y en a un qui a compris quelque chose…

Finalement il disparaîtra de lui-même heureux et épanoui d’avoir compris. Fiouuuu c’était pas facile ces 20 minutes avec lui !

On finit nous aussi par disparaître du musée assez vite de peur de retomber sur lui et aussi, il faut l’avouer, pour quitter ce musée pas des plus passionnants…

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on préfère s'en retourner au marché!

En rentrant chez nous on se prend une grosse envie de spaghettis à la carbo, envie qui se révèlera être la pire catastrophe culinaire du voyage puisqu’on confondra dans le supermarché fromage et tofu, et lardons et bœuf haché… Et pour ceux qui se posent encore la question, non, des pates tofu/viande hachée, c’est pas comme la carbonara ! Aah, faire ses courses dans un supermarché chinois…

Le lendemain retour au bord de la route, on part toujours plus à l’ouest en espérant rejoindre la frontière kazakhe en fin d’après-midi. Encore une fois les voitures s’enchainent sans problèmes et on arrive rapidement dans la ville frontière où on s’apprête à passer notre dernière soirée chinoise.

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nos derniers conducteurs chinois!

On profite une dernière fois des stands de nourriture sur la rue avec un de nos plus beaux chinois et on se couche peu après le soleil, c’est-à-dire vers 23h !

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dernières brochettes chinoises :( (Avouez qu'il a du style ce monsieur!)

On est un peu triste de quitter le pays mais qu’est ce qu’on est content à l’idée de découvrir l’Asie centrale, ce monde dont on a absolument aucune image en tête.

Il y a à peine un mois on était incapable d’épeler correctement le Kirghizstan et là il s’approche à grand pas :) Enfin on est tout excité quoi :)

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A la prochaine!

 


En pratique :

Turpan se prononce plus ou moins Toulfane ou Touloufane, Tuyok peut se prononcer Touyoukou et Urumqi se rapproche plutôt d’Ouloumoutchi ! C’est toujours bon à savoir. On a galéré longtemps pour se faire comprendre…

Turpan :

Dap Youth Hotel: Auberge coup de cœur ! C’est un petit coin de paradis un peu éloigné du centre mais encore une fois c’est pas plus mal. L’auberge est un peu perdue au milieu d’un magnifique quartier de maisons en terre crues et c’est juste l’endroit parfait pour se relaxer quand la chaleur devient insupportable.

A la saison du raisin ce doit être encore mieux, une bonne partie de la cour est ombragée par des grappes qu’il suffit de cueillir et de manger ! En plus de ça le personnel est super gentil et on finit toutes les soirées par manger ensemble de la pastèque ou du melon ! La chambre double coute 100y et le lit en dortoir 35y.

Les ruines: elles coûtent chacune 70y. Autant pour Gaochang c’est un peu cher autant pour Jaiohe c’est plutôt cool ! Pour aller voir les flaming mountains rien ne sert de payer 40y pour y être au plus près, on les voit très très bien de partout !


Urumqi :

Si vous êtes un peu pressé on a envie de vous dire de ne pas passer à Urumqi, la ville est loin d’être la plus intéressante du coin, Turpan est une base bien plus sympathique ! Si vous y passez tout de même, le musée de la ville est gratuit sur présentation du passeport.



4 commentaires »

  1. Laurent dit :

    Ah, le grand regret de ce voyage pour moi Turpan. Je suis complètement passé à côté du truc (par ma faute, mais bon…), mais n’étais pas par contre passé à côté d’un des 13 jours de pluie le jour où je suis allé visiter les alentours ! Z’êtes trop sympa d’enfoncer le clou. Je savais que c’était sec, mais j’ignorais cette statistique ;-) Pourtant, normalement, je n’ai pas plus que ça la poisse !

  2. Anne dit :

    J’arrive ici via le blog de Laurent. Quelle belle trouvaille!
    Merci pour ce récit de vos aventures!

    • leussestucru dit :

      Merci Anne! (Merci à Laurent aussi du coup :D ) ! Content que ça te plaise !
      et surtout ton message nous a permis de découvrir ton blog et on est déjà complètement fan! Les photos sont superbes et les récits très sympas, merci pour la découverte !

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

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