Un trek qu’on n’est pas pret d’oublier

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novembre 28, 2015 par leussestucru

Ala Kol


La petite ville de Karakol est réputée pour être un excellent point de départ pour partir à la découverte des vallées alentours. On vient de déposer notre demande de visa tadjik dans la capitale et on a une semaine à tuer avant de récupérer nos passeports, on ne réfléchit pas plus longtemps et on se met en route pour Karakol.

Maintenant que l’on a compris comment faire fuir les très nombreux taxis officieux et n’accepter que les autostops, l’attente n’est pas bien longue et on enchaine les conducteurs sympathiques.

La route longe le splendide lac Issyk kul, deuxième plus grand lac d’altitude du monde après le Titicaca. On aura l’occasion de s’y baigner au retour mais pour l’instant on se contente d’admirer ses eaux turquoise dignes des plages malaisiennes.

les eaux transparentes du lac Issyl Kul
les eaux transparentes du lac Issyl Kul

On arrive à Karakol en fin d’après-midi, juste avant la fermeture de l’Office du tourisme où on vient demander conseil pour une promenade de deux ou trois jours dans les montagnes. Les deux filles présentes nous parlent d’un trek de deux ou trois nuits, un peu sportif mais accessible à tous, sans difficulté particulière, avec pour point d’orgue un passage au splendide lac d’Alakol.

Elles nous précisent qu’il faudra prendre une veste car les nuits sont fraîches en altitude et qu’on devra partir avec suffisamment de nourriture pour les 4 jours puisqu’il est impossible de se ravitailler en route.

On notera qu’à ce moment elles auraient pu nous préciser qu’il y a plus d’un mètre de neige sur une portion du trek et que notre équipement, qui se résume à des chaussures de marche usées et deux paires de chaussettes, est loin d’être adapté…

Mais finalement c’est pas si mal, on aurait probablement renoncé et on serait passé à côté du trek le plus fou du voyage :)

On termine la journée en plantant la tente dans le jardin d’une petite auberge où on pourra laisser une partie de nos affaires pendant le trek.

 

Le lendemain matin on se lance dans une mission pas évidente: trouver 4 jours de nourriture et faire rentrer la totalité dans nos sacs ! Comme on ne voyage toujours pas avec un réchaud on mise surtout sur des conserves de thon, quelques fruits et légumes et une bonne dose de pain.

Pas besoin de vous faire un dessin, nos sacs pèsent une tonne et on commence à prendre peur avant même d’atteindre la sortie de la ville…

Aller, on est des durs non? Pas vraiment, quand après une heure de marche une voiture s’arrête et propose de nous déposer au départ du trek, 4 kilomètres plus loin, on accepte avec plaisir et on s’écroule dans la voiture… Et bah ce n’est pas gagné ce trek! :)

On remercie la voiture (qui sans qu’on s’en rende compte nous a évité de passer à pied devant les gardes de la vallée de Karakol et de payer les 250som par personne de droit d’entrer…), on se remotive, on se promet de manger la moitié du sac dès ce soir pour l’alléger et on se lance dans le trek!

 

Dès le départ de la rando le paysage est splendide. On a l’impression de marcher en plein rêve, il y a les belles étendues d’herbes vertes, la rivière, les chevaux, les montagnes en arrière-plan…

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départ de la marche

L’endroit est magique et on lutte chaque mètre contre l’envie de s’allonger dans l’herbe pour profiter du paysage. C’est la première fois qu’on part en autonomie pour 4 jours et le poids des sacs se ressent sur notre rythme de marche. Mais la piste est plutôt facile, plate et bien définie, et la beauté de la vallée nous fait tout oublier.

On croise un français qui termine le trek dans l’autre sens. Il nous prévient qu’il y aura de la neige de l’autre côté et que la descente ne sera pas forcément facile mais qu’en faisant attention tout se passera bien. Ça sera d’ailleurs la seule personne que l’on croisera pendant cette première après-midi de marche…

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dans la vallée (ho ho)

Le premier challenge du trek arrive vers 17h: un ruisseau a débordé et on se retrouve devant une quinzaine de mètres impossible à traverser sans se mouiller jusqu’aux genoux. Le courant est assez fort et l’eau glacée, on galère un peu à passer.

Avec du recul je ne peux pas m’empêcher de rigoler en pensant qu’à ce moment-là on a trouvé la traversée difficile! Si on avait su ce qui nous attendait :D

 

Peu après le passage du ruisseau le paysage est incroyable, la rivière se divise et de grandes étendues d’herbes vertes se développent entre ses bras. Il est encore tôt mais tant pis, on est amoureux du lieu, on campe ici, seuls au monde, les montagnes enneigées en fond de toile.

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vous comprenez mieux pourquoi on est tombé amoureux du lieu ? :D

Clem fait un feu et on mange notre pain grillé en regardant la nuit descendre sur les montagnes. C’est le pied quoi :D .

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huum du pain grillé !

Le lendemain fini la rigolade, si la marche de la veille était plate cette nouvelle journée est placé sous le signe de la montée!

On commence par rejoindre le pont en bois qui enjambe la rivière et marque le départ de la montée jusqu’au fameux lac d’Alakol.

Passé le pont la piste se transforme en  sentier et s’enfonce dans la forêt avant de disparaître complètement sous le lichen. On a quitté la rivière et les vastes étendues d’herbes vertes mais l’ambiance dans ce bois est tout aussi féérique dans cette lumière matinale.

Après quelques hésitations sur le chemin à emprunter on finit par retrouver un sentier et on commence la montée pour de bon.

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c’est parti pour la montée !

On arrive au niveau du lieu conseillé par l’Office de tourisme pour camper le premier soir, près d’une vieille cabane en bois défoncée. L’endroit n’a pas particulièrement de charme et on est bien content d’avoir planté la tente plus bas dans la vallée!

La montée se poursuit et on prend peu à peu de la hauteur sur les montagnes environnantes. Et c’est grandiose :)

7  on commence à prendre de la hauteur
on commence à prendre de la hauteur

En montant on s’aperçoit qu’on a oublié un petit détail qui prend toute son importance maintenant : on a oublié de se renseigner sur le dénivelé… Ah les débutants !

Comme l’Office du tourisme nous avait présenté ce trek comme accessible à tous on s’était naïvement imaginé un dénivelé de 500 ou 600 mètres pour la journée… Mais à chaque fois qu’on atteint une meilleure visibilité en pensant déboucher sur le lac, on aperçoit la nouvelle grimpette qui nous attend…

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on n’en voit plus le bout !

Finalement au bilan de cette montée: 1200 mètres de dénivelé positif (sur à peu près 4 kilomètres) et de jolies courbatures dans les cuisses :D .

La fin est particulièrement difficile, on ne sait toujours pas à quelle altitude se trouvera le lac, le terrain est presque vertical sur plusieurs passages et le sentier s’est depuis longtemps transformé en pierrier où le sol se dérobe sous les pieds un pas sur deux.

On râle un peu mais la vue splendide sur les montagnes enneigées compense largement nos efforts !

9  heureux d’être arrivés au col!
content d’être arrivés au col!

L’arrivée au lac est juste parfaite… Le lieu est incroyable et on est seul au monde devant ce lac gelé et ses montagnes merveilleuses.

On est à la fin du mois de juin et le lac commence à peine à dégeler. Il faut dire qu’on est tout de même à 3600metres d’altitude. Seule une fine bande de glace a fondu le long de la rive et laisse apercevoir l’eau turquoise. Le lac doit être sacrément beau à la fin de l’été.

On plante la tente près du col sur les traces d’un ancien emplacement de camping. Pour se protéger du vent, Clément monte un grand mur de pierres tout autour de la tente, une vraie forteresse :D

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on monte le camp

La fin de la journée approche et on n’a toujours pas vu une seule personne de la journée. Les seuls habitants du coin sont les énormes marmottes bien grassouillettes qui s’agitent près du lac.

Finalement deux trekkeurs polonais arrivent tout essoufflés, nous saluent et nous précisent qu’ils n’ont pas beaucoup de temps. Par peur du vent au sommet ils ont préféré planter leur tente au niveau de la vieille cabane et font l’aller-retour dans la journée. Le temps d’un selfie devant le lac et ils repartent déjà en courant dans la descente. Ils finiront sûrement bien après la nuit tombée…

De nouveau seul au monde on descend prendre de l’eau au lac et on observe le soleil descendre sur les montagnes. Notre courage s’arrête là, ce soir on mangera avant même le coucher du soleil, barricadé dans la tente pour se protéger du vent glacé.

L’orage éclate peu avant la nuit. On commence à se dire que les polonais avaient peut être raison et que planter la tente ici était un peu inconscient. Mais l’Office du tourisme avait l’air de dire que c’était possible et les traces d’anciens campements semblaient dire la même chose… On s’inquiète un peu mais finalement l’orage passe rapidement et la forteresse de Clément nous protège efficacement du froid.

Bien calé dans nos duvets on s’endort avec un léger mal de tête et le cœur qui tape un peu, sûrement à cause de l’altitude. On passe tous les deux une bonne nuit, et c’est tant mieux car la journée de demain sera de loin la plus difficile du voyage…

 

Dimanche 21 juin. C’est l’été ce matin et il ne pourrait pas mieux commencer! On ouvre la tente sur une vue incroyable, il fait beau, le lac est magique et les marmottes sifflent autour de nous.

On décolle dans la bonne humeur, prêt à affronter la dernière montée qui nous emmènera à la passe d’Alakol, à 3860 mètres.

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vue sur la passe d’Alakol

Le pierrier qui y mène est parfois enneigé et certains passages sont un peu plus difficiles mais on atteint rapidement la passe, un grand sourire aux lèvres à la vue du panorama qui s’offre à nous.

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On a quand même un petit doute quand on aperçoit l’autre versant complètement enneigé et presque vertical… Descendre par ici parait impossible, le passage doit se faire un peu plus loin sur la crête, on cherchera plus tard, le temps de reprendre notre souffle et de profiter de la vue.

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Pendant notre ascension le ciel s’était peu à peu couvert sans pour autant qu’on y porte attention. On est toujours en train d’admirer la vue quand l’atmosphère change tout d’un coup.

L’air devient un brin différent et les nuages s’assombrissent rapidement. Je lève ma main et elle fait un drôle de bruit en fendant l’air, une sorte de bzzzzz, bzzzzz. C’est rigolo ça, c’est bien la première fois qu’on voit ça !

J’ai déjà mentionné qu’on était un peu long à la détente ? Là je crois qu’on explose tous les records…

Une minute plus tard on est encore là à faire du bruit avec nos mains quand le premier éclair tombe. On percute (il était temps !) que l’air est chargé d’électricité et que, là comme ça, debout sur une crête à 3900 mètres, on fait de sacrés bonnes antennes.

« Tiziana, tes cheveux… » Clément se tourne vers moi et quand je tends la main vers mes cheveux je sens qu’effectivement quelque chose cloche, ils ne pendent plus comme d’ordinaire mais sont complètement dressés sur ma tête…

Je lis de la panique pour la première fois de ma vie dans les yeux de Clément et cette vision me paralyse.

« Faut qu’on sorte de là », Clem me prend la main et m’entraîne dans la pente enneigée. Tant pis pour le mur vertical qui nous semblait infranchissable, on n’a plus le temps de réfléchir, il faudra bien que ça passe.

Je m’enfonce dans la neige jusqu’au nombril dès les premiers pas, impossible de marcher dans ces conditions. Et la panique entretenue par les éclairs assourdissants n’aide pas à avancer.

Le froid non plus… Nos petites chaussures de rando et nos pantalons pas du tout imperméables ne mettent pas longtemps à se gorger d’eau glacée et on ne sent bientôt plus nos pieds.

Clément me montre une étendue plate sans neige au loin. Si on arrive à descendre jusque-là on pourra planter la tente et se protéger.

Le reste de la descente est plutôt catastrophique, on essaye de courir, on tombe souvent, je pleure beaucoup, je perds mes chaussures en trébuchant dans la neige, on tente la luge sans beaucoup de succès, les éclairs tombent en continu… Autant vous dire qu’on est plutôt dans un sale état quand on arrive sur l’étendue plate.

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Clem monte la tente en catastrophe, on se déshabille et on se met à deux dans le duvet pour essayer de retrouver un semblant de chaleur. Nos pieds et nos mains sont gonflées et il faudra qu’on souffle longtemps dessus avant de retrouver des sensations mais elles reviennent et c’est l’essentiel.

On reste en boule dans la tente en attendant que l’orage finisse par s’éloigner. Mais les éclairs semblent de plus en plus proches et on prie pour qu’ils trouvent une autre cible que nos arceaux en métal…

On sait que la tente n’est sûrement pas la solution la plus intelligente mais on est trempé et on n’aurait sûrement pas résisté au froid beaucoup plus longtemps.

 

J’ai toujours aimé les orages. Enfin j’aime quand l’orage gronde et que les éclairs tombent alors que je suis dans mon chez moi, une couette bien chaude jamais loin. Ici, recroquevillée dans la tente à des heures de marche de la civilisation je fais moins la maligne… Je ne parviens pas à calmer ni mes larmes ni les tremblements et répète en boucle « j’ai peur clément, j’ai peur ».

Il me répond parfois, qu’il a peur lui aussi, que l’orage va s’éloigner et que tout va s’arranger, mais se contente de me serrer plus fort la plupart du temps. Je sens bien qu’il est terrorisé lui aussi et c’est bien ça qui m’inquiète le plus.

Mais petit à petit les éclairs se font moins fréquents, le bruit est moins fort et l’orage s’éloigne doucement dans la vallée. Il est remplacé par une tempête de neige et moins d’une heure plus tard près de 20cm de poudre blanche recouvre la tente.

Deux heures après avoir monté la tente le temps se calme, c’est le moment ou jamais d’avancer. Le départ n’est pas évident, il faut remettre nos vêtements trempés et glacés, on tremble mais il faut qu’on s’éloigne de la montagne.

La neige fraiche à tout recouvert, impossible de reconnaître le chemin. On marche parfois sur 20cm de neige sans problème quand un mètre plus loin on s’enfonce sur plus d’un mètre et on perd l’équilibre. Il ne neige presque plus mais le moral est plutôt bas, d’autant plus qu’on recommence à entendre tonner dans la vallée voisine.

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Il se met à pleuvoir mais petit à petit la pente et la neige diminuent et avancer devient plus simple. En fin d’après-midi la neige finit par disparaître complètement et la vision de l’herbe mouillée nous redonne le sourire.

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la neige disparait doucement

Et ce dernier s’élargit encore quand on distingue au loin une grande tente dont s’échappe un filet de fumée.

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une tente au loin !

Un homme est assis devant la tente, il a le teint foncé, une sorte de salopette verte et de grandes bottes militaires. Il nous dévisage de haut en bas et nous fait signe d’entrer. On doit sérieusement avoir l’air pathétique à grelotter dans nos vêtements trempés.

On s’assoit sans se faire prier devant le petit poêle et on reprend quelques couleurs avant d’entamer la conversation dans notre russe incertain. Ils sont deux à vivre ici, deux amis d’enfance qui s’exilent chaque année dans les montagnes pour prendre soin de leurs bêtes.

Selamat et Aramat (c’est du moins les noms qu’on a retenu) nous offrent plus que ce que l’on attendait: du thé, des pâtes à la viande, un merveilleux pain maison et surtout beaucoup de chaleur.

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Selamat et Aramat

Les deux hommes sont très bavards, ravis de pouvoir partager un peu leur solitude, et ce n’est pas notre mauvais russe qui va les arrêter.

On apprend qu’ils sont tous les deux pères d’une petite fille et d’un petit garçon qu’ils quittent 4 mois par an, de mai à août, pour s’occuper d’un cheptel de 1000 moutons et 200 vaches. Une fois par mois l’un d’entre eux retourne au village à cheval pour récupérer suffisamment de provisions pour le mois suivant.

Ils nous expliquent qu’il nous faudra marcher encore 7 heures pour finir le trek et comme on a maintenant envie d’en finir assez vite, on se motive à marcher encore une heure ou deux ce soir.

On laisse à nos bergers le reste de nos légumes frais pour égayer un peu leurs prochains repas et on se remet en route. Mais on se heurte à de nouvelles complications beaucoup plus tôt que prévu.

En contrebas de la tente il faut traverser la rivière pour poursuivre le chemin. Mais l’eau a beaucoup monté suite aux orages de la journée et franchir la rivière s’avère impossible ce soir.

Le moral, que le thé chaud avait fait remonter un peu plus tôt, s’effondre à nouveau. Selamat nous rejoint et nous conseille de laisser tomber pour ce soir, s’il n’y a pas de nouvel orage d’ici demain, le niveau de l’eau reviendra à la normal et on pourra traverser sans risque…

On rebrousse donc chemin pour installer notre tente près de celle de nos deux amis kirghizes et on termine la soirée autour du poêle, un bon thé chaud dans la main.

 

Le lendemain matin on se réveille en regrettant de ne pas avoir emmené nos vêtements dans leur tente pour qu’ils sèchent pendant la nuit car notre unique tenue est toujours autant trempée et glacée.

Il fait gris, les chaussures sont gorgées d’eau et on est censé démarrer la journée par la traversée d’une rivière. Vous imaginez bien qu’avec tout ça on a eu bien du mal à sortir du duvet…

On s’élance dans la rivière sous le regard rieur des bergers. Le niveau de l’eau à effectivement bien baissé et même si on est contraint de se mouiller les pieds, ça passe sans problème !

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de l’autre côté de la rivière

Et pour bien commencer la journée le soleil réapparaît un court instant, suffisamment pour nous regonfler à bloc et on entame notre descente dans la vallée avec la ferme intention de finir ce trek aujourd’hui.

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les moutons de nos amis bergers

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le moral remonte avec le soleil

Plus de neige ici, mais beaucoup de boue et on glisse régulièrement dans la pente. On arrive assez vite près de la rivière, au même moment qu’une éclaircie qui nous offre une vision ensoleillée sur la magnifique vallée.

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ah décidemment ces montagnes !

On retrouve les chevaux qui courent sur les merveilleuses étendues d’herbe verte, bien loin de la tempête de neige de la veille.

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On arrive peu après sur Altyn Arachan, une sorte de regroupement de chalet pour touristes qui sert de base aux balades alentours. L’office du tourisme nous avait recommandé de camper ici, mais devant les chalets en béton et le peu de charme de l’endroit on est plutôt contents d’avoir été bloqués plus haut…

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Altyn Arashan

On ne croise pas une seule personne, surement la faute à la pluie qui est revenue,  décidément.

On a ici rejoint un chemin « carrossable », enfin seulement pour de gros 4*4 soviétiques, du genre bien solides, parce que bon, même avec beaucoup d’imagination on a du mal à voir un véhicule passer par là…

Depuis Altyn Arachan il ne reste plus que 14 kilomètres avant de rejoindre le village d’Ak su. On laisse de côté l’option 4*4, même si on a très envie d’en finir on préfère s’obstiner un peu et terminer l’ensemble du trek à pied. La vallée est plutôt jolie mais bien loin du charme de celle de Karakol.

La fin est longue, nos pieds souffrent des sillons qui se sont formés hier dans la neige et le terrain glissant n’améliore pas la situation.

Mais on finit par arriver et à peine entrés dans le village d’Ak su on tend le pouce pour revenir sur Karakol. L’arrivée est parfaite, il fait grand beau et on a même chaud en marchant dans la ville!

Ce soir pas question de dormir dans la tente et on s’offre le luxe d’une chambre double dans une petite guest house et d’une longue douche chaude. :D

 

Après un bon repas chaud on prend le temps de faire le bilan sur ce trek. On a tous les deux eu très peur et on n’est pas sûr d’avoir très envie de revoir de la neige pendant quelques temps… mais la merveilleuse vallée de Karakol et le splendide lac d’Alakol prennent vite le dessus sur la descente catastrophique et c’est sur, ce trek restera longtemps gravé dans nos tête comme le plus beau. Le plus stressant sans aucun doute, mais le plus beau. On retourne sur la capitale avec une seule envie : faire connaitre autour de nous le Kirghizstan, ce pays incroyable mais si peu visité…


 

En pratique :

Logement :

Pendant le trek, pas le choix, il faut camper ! Il n’y a aucune infrastructure en chemin, sauf en fin de trek sur le site d’Altyn arashan où quelques chalets proposent l’hébergement. Pour les moins équipés il est possible de louer une tente et un duvet au CBT de Karakol.

Dans la ville de Karakol, la première nuit dans la ville on a planté notre tente dans le jardin de la petite auberge Yak tour (10 rue Gagarine, juste à coté du bazar de la ville). Le jardin et le gérant sont sympathiques et pour 100 soms par personne (soit 1,4 euros en juin 2015) on peut profiter de la douche et des toilettes de l’auberge.

Après le trek on a dormi dans une chambre double de l’auberge Bailanysh (130 rue Lénine) pour 1000 soms (soit 14 euros). L’auberge est très agréable, le jardin est très beau et les chambres sont propres. Parfait pour se reposer après le trek :D

Utile :

Pas besoin de guide pour cette rando, le sentier est presque toujours clair : il faut suivre la rivière jusqu’au pont de bois, monter la montagne, redescendre et relonger la rivière ! Cependant si vous partez sans guide, télécharger une application de cartes hors ligne n’est pas une mauvaise idée.

En ce qui nous concerne on a « Maps me » et on en est très content ! L’application est gratuite, le chemin est tracé sur l’application, le gps nous suit à la trace et même pas besoin d’internet pour que tout ça marche ! Magie noire !

 


11 commentaires »

  1. Map & Fork dit :

    Sacré trek et quels beaux paysages! On a eu peur pour vous au fil de la lecture (surtout au moment du « bzzzzz » et des cheveux électriques) mais vous vous êtes quand même bien débrouillés!

    • leussestucru dit :

      Ahah ! C’est cool que vous ayez eu peur en lisant ! Enfin… C’est pas vraiment notre but de faire peut aux gens mais bon !…
      Et pour sûr, le Kirghizstan est un pays magnifique ! :) allez y les yeux fermés ! :)

  2. PAF dit :

    Merci pour le récit.
    J’aurais bien apprécié une photo de Tiziana avec les cheveux en l’air. Vous n’aviez pas l’appareil à portée de main? C’est pourtant pas les flashs qui manquaient… (ha! ha! ha!!)

  3. Anne G. dit :

    Hé bien, quelle aventure ! Très bien raconté,j’ai eu peur pour vous et çà aura pu très mal finir, mais tout est bien qui finit bien. Bonne continuation dans vos aventures et encore merci de nous les faire partager.

  4. Salut à vous,
    C’est bien la première fois qu’on tombe sur votre blog. Nous sommes en voyage aussi, et nous sommes très intéressés par cette région du monde.

    On doit vous avouer que votre récit nous a captivé du début à la fin. Quelle histoire ! Et quelle aventure ! On a découvert les treks en voyage, on en a fait quelques uns en autonomie sur 4-5 jours mais on a toujours réussi à éviter les galères.

    C’est une super expérience qui se termine bien, et je pense que vous vous en souviendrez toute votre vie !

    Bonne continuation et bon voyage !

    • leussestucru dit :

      Salut à vous deux, et merci pour votre message! On est bien content que vous soyez tombés sur notre blog, ça nous permet de découvrir le votre par la même occasion :D votre itinéraire à l’air captivant, on a hate d’en lire plus!

  5. Cecilia dit :

    Oh là là mais quelle aventure! Je te comprends tout à fait, je pense que je n’aurais fait que pleurer aussi, et je pense même que ça m’aurait empêche de continuer ensuite!!
    Heureusement tout est bien qui fini bien!

    • leussestucru dit :

      Ba tu sais, on a surtout été obligé de continuer après ça, on avait surtout aucune envie de rester au même endroit de peur de se prendre un nouvel orage… Mais comme tu dis, tout est bien qui fini bien ;)

  6. Rory dit :

    Waw énorme ! C’est tellement ça dans ces pays, en France, rando de trois jours ça serait organisation, préparation tout ça… dans les stans tu te dis « et si je partais 3 jours voir un lac à 3 500 m d’altitude avec mon sac à dos de 15 kg ? » haha
    En tous cas palpitant votre récit j’ai adoré (et bien flippé aussi)… nous on avait eu un peu le même genre de délire à un lac de glacier où notre guide à cheval nous dit « je vais faire un tour je reviens dans une heure » et genre 4h plus tard le gars est toujours pas là, orages et tempetes, nous pas équipés on se caille de ouf, on se réfuguie dans un pierrier mais ça pue l’enfer (en fait il y avait une carcasse de chien et une de mouton dedans en décomposition, d’où l’odeur sympathique)… et comme il allait faire nuit on a du rebrousser chemin à pied on a abandonné nos chevaux à leur broutting intensif. Et quelle sensation de bonheur lorsque la tempete s’est arrêtée et que l’on a retrouvé du soleil de l’autre coté du col ! (on a pas eu de neige ni de cheveux électriques -fou ce truc- c’était vraiment moins pire)

    En tous cas ça m’a vraiment convaincue d’aller faire ce trek, nous il y avait vraiment un temps trop pourri quand on était dans le coin de Karakol donc on avait rebroussé chemin.
    C’est magnifique!

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On est à Lyon :) !! Depuis le 16/12/2015 !! On est à la bourre sur nos articles mais pour sûr, ils finiront par se montrer !!!

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